Marges de la grande distribution : l'association Familles rurales saisit l'Autorité de la concurrence

Dans le viseur de l'association : « la péréquation des marges de la grande distribution » qui consiste, pour les supermarchés, à perdre de l'argent sur certains produits d'appel mauvais pour la santé comme les sodas et à se rattraper sur d'autres comme les fruits et légumes, explique à l'AFP Nadia Ziane, directrice du département consommation de Familles rurales.

Le sujet, déjà au cœur d'une commission d'enquête du Sénat depuis décembre, n'a fait l'objet d'aucune « mesure contraignante » dans la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat, publiée mercredi par le gouvernement après plus de deux ans d'attente, déplore Familles rurales dans un communiqué. L'Autorité de la concurrence, institution indépendante, « a les moyens d'investiguer » pour faire la lumière sur les pratiques du secteur, juger de leur conformité, et éventuellement décider de sanctions, plaide Nadia Ziane.

Pour illustrer son propos, l'association, qui publie jeudi son observatoire des prix 2025, s'appuie sur ses propres relevés de prix en grandes surfaces ainsi que sur des données publiques de l'OFPM (Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires) ou encore issues du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL).

Déjà une commission d'enquête du Sénat

« Sur la période 2021-2023, les producteurs ont vendu leurs fruits et légumes un peu plus de 12 milliards d'euros » quand « les consommateurs les ont payés presque 23 milliards », soit près du double, fait valoir Nadia Ziane. Par ailleurs, « les fruits et légumes ont généré 247 millions d'euros de résultat net en 2021 pour la grande distribution, compensant les pertes d'autres rayons » comme la pâtisserie (- 65 millions), assure Familles Rurales.

« Ces écarts interrogent (...) et appellent une réponse structurelle », estime l'association. Selon elle, nourrir une famille de quatre personnes « conformément aux recommandations du programme national nutrition santé (PNNS) représente un budget de 1 314 euros mensuels pour un panier bio » et 800 euros pour un panier non bio.

Même en « renonçant à la diversité des produits et en isolant les moins chers, il en coûtera au minimum 539 euros », soit une « mission impossible pour les plus de 11 millions de personnes en situation de précarité alimentaire », alerte Familles rurales. L'association observe toutefois, entre 2024 et 2025, une baisse de prix de 1,1 % sur les fruits et légumes frais, liée notamment à « des situations de surproduction » comme pour le chou-fleur.

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