Loi spéciale, fin des contrôles : les syndicats agricoles listent leurs demandes

Les syndicats agricoles, comme ici la Coordination rurale, ont investi les monuments parisiens.
Les syndicats agricoles, comme ici la Coordination rurale, ont investi les monuments parisiens. (©Page Facebook CR 47)

La Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, habitué des opérations coup de poing, est passée outre l'interdiction de manifester près des institutions parisiennes et a débarqué jeudi à l'aube autour de l'Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel.

La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes Agriculteurs, a elle appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strabourg le 20 janvier si l'accord de libre-échange entre l'UE et des pays du Mercosur était signé. Un vote a lieu vendredi à Bruxelles.

Reçus par le président du sénat Gérard Larcher, puis par la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, les syndicats ont porté le ras-le-bol d'une profession « à bout ». À la sortie, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a demandé un « créneau d'ici mars-avril » au Parlement pour une loi spéciale destinée à apporter des réponses « concrètes ».

Face à la défiance des agriculteurs envers les politiques, il a appelé les parlementaires à voter le budget de l'État pour 2026, qui soulagerait par exemple les viticulteurs, et à appuyer la publication des décrets pour « enfin » appliquer la loi d'orientation agricole et la loi Duplomb.

Des parlementaires sont venus échanger avec des manifestants de la CR, ainsi que la ministre de l'agriculture Annie Genevard qui n'a pas fait de déclaration. Plus tôt, Yaël Braun-Pivet qui était allée à la rencontre des manifestants, avait été chahutée et invectivée.

« Moratoire » sur les contrôles

José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, a déploré une absence d'engagement après l'échange avec la ministre. « Il n'y a rien du tout. Aujourd'hui, il faudrait un engagement sur la suppression des normes françaises », a-t-il ajouté.

La CR demande un « moratoire » sur les contrôles jusqu'à la présidentielle, une mesure « facile » à prendre dans l'immédiat, a déclaré Bertrand Venteau, le président de la CR avant son rendez-vous qui a début à 15h45. Cette première condition pour lever le camp est « entre les mains du Premier ministre et de la ministre de l'agriculture », a-t-il dit.

Il souhaite aussi la suppression des agences environnementales, ainsi que la fin de l'abattage total des troupeaux bovins infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), stratégie qui a ravivé début décembre la colère des agriculteurs.

Les syndicats agricoles rejettent aussi unanimement l'accord de libre-échange entre l'UE et des pays du Mercosur, qui doit faire l'objet d'un vote des États membres vendredi à Bruxelles. La France devrait voter contre, quitte à être en minorité, selon le ministre des relations avec le Parlement, Laurent Panifous, mais la position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le Président, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Pas d'interpellations à Paris

Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n'ont pas satisfait les agriculteurs, qui demandent depuis 2024 des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et sources de concurrence déloyale.

Allègement de la taxe carbone européenne sur les engrais, interdictions de certains produits importés...: la ministre Annie Genevard a dit avoir obtenu des « avancées cette semaine » et vouloir poursuivre le travail. Mais certaines mesures dépendent du vote du budget et d'autres, de Bruxelles.

Si Mme Genevard a joué l'apaisement, appelant au « dialogue » jeudi matin, Maud Bregeon avait adopté un ton ferme face aux actions « illégales » menées par la Coordination rurale. La préfecture de police avait interdit les manifestations autour de certaines zones comme l'Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères ou le marché de Rungis.

Une centaine de tracteurs a été bloquée par les forces de l'ordre, a-t-elle indiqué. Une quarantaine est présente dans Paris et une soixantaine aux portes de la ville. « Le dispositif de police visant à les fixer est efficace », s'est-elle félicitée tandis que le ministère de l'intérieur avait dénombré 670 manifestants dans la capitale.

En début d'après-midi, la préfecture de police recensait 11 interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations en Ile-de-France, mais aucune dans Paris même.

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