Production mondiale de céréales L’avoine et le seigle en mode « pause » pour les cinq prochaines années

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Quelles sont les perspectives d'évolution de la production d'avoine et de seigle au niveau mondial d'ici 2020 ? Eléments de réponse.

AvoinePour 2015, la production française d’avoine serait de 420.000 tonnes, selon FranceAgriMer. (©Terre-net Média)

Comparées au blé, les productions de ces deux céréales représentent de bien faibles volumes. Mais les marchés existent. Durant la campagne 2014/2015, le prix de la tonne d’avoine a même suivi sa propre trajectoire en augmentant de 20 € au cours des douze derniers mois alors que celui du maïs avait baissé d’autant.

Pour 2015, la production française d’avoine serait de 420.000 tonnes, selon FranceAgriMer, en recul de 5,6 % par rapport à l’an passé mais comparée à la moyenne des cinq dernières années, la récolte restera supérieure à 5,5 %. Pour le seigle, la production poursuit aussi son déclin. Attendue à 123.000 tonnes, elle baisserait de 3,9 % sur un an et serait même inférieure de 14 % par rapport à 2010/2014.

Ces tendances portent sur de faibles volumes. Elles reflètent partiellement les prévisions établies jusqu’en 2020 par le conseil international des céréales à l’échelle mondiale (Cic). En effet, la production mondiale d’avoine ne déclinerait pas en volume. Elle atteindrait 23 millions de tonnes (Mt) en 2020 contre 22,6 Mt en 2014 et celle de seigle stagnerait à 16,5 Mt.

L’avoine et le seigle occupent une place importante dans l’assolement de nombreuses exploitations dans le nord de l’Europe ou au Canada. Ces deux céréales sont parfois les seules plantes à pouvoir être cultivées pour assurer la sécurité alimentaire de certaines régions.

En concurrence avec l’orge et le maïs

Toutefois, ces deux céréales ne contribueront pas à accroître les volumes de céréales nécessaires pour faire face aux besoins de la population et pour accompagner l’essor des filières animales (comme c’est le cas pour blé, l’orge et le maïs). Tout au plus doit-on s’attendre à une stagnation de la production voire à une très légère augmentation. Elle ne porterait chaque année que sur quelques centaines de milliers de tonnes (pour le blé et le maïs, l’échelle est le million de tonnes). Certaines années, il n’est pas exclu que les accidents climatiques annihilent les progrès observés les campagnes précédentes.

En fait, l’avoine souffre d’un déficit de recherche. Sans amélioration variétale, les rendements stagnent et les écarts de performances avec les autres céréales s’accroissent.

Sur les marchés, les échanges commerciaux seraient à l’équilibre au cours des cinq prochaines années. Les principaux exportateurs resteront le Canada, l’Australie et l’Union européenne avec des prix qui suivent parfois, sur les marchés, leur propre trajectoire, parfois même à contre-courant des autres céréales. Durant la campagne 2014/2015, la tonne d’avoine a augmenté sur douze mois de 20 € alors que celle de maïs a baissé d’autant.

Des productions de niche

L’intérêt porté à l’avoine résiderait dans les bienfaits qu’apporte cette céréale pour l’alimentation humaine. En revanche, les quantités destinées à l’alimentation animale baisseraient compte tenu de l’offre abondante et bon marché de céréales fourragères disponibles sur les marchés d’ici 2020.

Au cours des prochaines années, le seigle serait davantage une céréale fourragère destinée à l’alimentation animale dans les régions où l’élevage est en plein essor et où elle est traditionnellement cultivée ; en Russie et dans le nord de l’Union européenne notamment.

En effet, la sécurité alimentaire de ces pays repose en partie sur un approvisionnement des élevages avec des aliments produits sur le sol national, compte tenu de la volatilité des prix agricoles et des monnaies.

Mais au cours des cinq prochaines années, l’augmentation du pouvoir d’achat des consommateurs d’Europe centrale, et même de Russie, conduira ces derniers à se détourner davantage du seigle et à opter pour des aliments produits à base de blé. Au final, la production de seigle stagnera mais elle se concentrera en Europe, en Russie et au Canada, aires de cultures habituelles. Mais les échanges commerciaux avec les Etats-Unis pourraient s’intensifier puisque ceux-ci renonceraient à la production de seigle. Cependant, les ventes ne porteraient que sur quelques centaines de milliers de tonnes. En revanche, cette céréale pourrait présenter un intérêt pour la production de biocarburants en Europe.

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