Filière sucrière Les planteurs préparent la fin des quotas dans une conjoncture favorable

Terre-net Média

A l’inverse du secteur laitier qui a enterré ses quotas avec une forte hausse de l’offre, le secteur betteravier prépare la fin des quotas sucriers avec une production européenne annoncée en net recul. En février prochain, FranceAgriMer doit rendre les premières conclusions de travaux sur les dossiers majeurs pour aborder 2017, notamment l’adaptation aux marchés, la compétitivité et l’innovation.

La production mondiale de sucre ne devrait pas dépasser 171 Mt.La production mondiale de sucre ne devrait pas dépasser 171 Mt. (©Terre-net Média) 

Selon les dernières estimations de l’International Sugar Organization (Iso), la production mondiale 2015/2016 de sucre s’établirait à un peu plus de 169 Mt, soit 3,5 Mt de moins que les estimations de consommation mondiale. Pour 2016/2017, l’Iso prévoit une nouvelle augmentation de la consommation mondiale à plus de 176 Mt, alors que la production ne devrait pas dépasser 171 Mt.

De quoi alimenter une tendance à la hausse des prix du sucre : « Depuis la fin septembre, les cours mondiaux du sucre se sont nettement redressés après le dévissage constaté depuis un an », a expliqué FranceAgrimer à l’issue de son conseil spécialisé pour la filière sucrière le 15 décembre dernier. Mais cette tendance haussière reste très fragile. « Les prix ont de nouveau tendance à fléchir depuis la mi-décembre. Le sucre blanc est redescendu en dessous des 400 $/tonne le 11 décembre dernier. À 320 $/tonne à la même date, le sucre roux suivait la même inflexion. »

Production en baisse mais des stocks importants

En Europe, la campagne sucrière 2014/2015 devrait s’achever sur un stock de sucre alimentaire sous quota de l’ordre de 1,1 Mt. Les importations européennes sont en nette baisse par rapport aux quatre campagnes précédentes. Et le prix du sucre sous quota s’est stabilisé à 425 €/tonne en septembre 2015. Les stocks de sucre hors quota à la fin de la campagne 2014/2015 seront, en revanche, largement excédentaires, prévus à ce stade autour de 2,66 Mt.

Pour 2015/2016, la production européenne de sucre est déjà prévue en net recul à 15 Mt (19,4 Mt en 2014), sous l’effet de la réduction des surfaces communautaires en betteraves. Toutefois, compte tenu des stocks de report, les disponibilités pour le marché s’élèveront à 13,5 Mt de sucre alimentaire sous quota et à 4,2 Mt de sucre hors quota.

« En France, la campagne 2014/2015 devrait s’achever sur un stock limité en sucre alimentaire, de l’ordre de 170 000 tonnes », ajoute FranceAgriMer. Pour le sucre hors quota, le report devrait être conséquent de l’ordre de 197 000 tonnes. La production de sucre 2015 est prévue à ce stade à 4,45 Mt en métropole (contre 5,11 Mt en 2014), en raison du recul des surfaces betteravières.

Quelles stratégies après-quotas ?

Par ailleurs, la fin des quotas betteraviers en 2017 approche à grands pas. La filière réunie au sein de FranceAgriMer a constitué des groupes de travail début novembre 2015 pour préparer cette échéance. Quatre thématiques doivent être étudiées : l’adaptation aux marchés, la compétitivité et l’innovation, la gouvernance de la filière et les débouchés des sucres de canne.

« Ces groupes de travail s’appuient sur le plan stratégique élaboré par le conseil spécialisé de FranceAgriMer pour la filière sucrière et l’expertise de l’établissement en matière économique. » Les premières réunions ont démarré début décembre. Les conclusions sont attendues d’ici février 2016.

Performance logistique : la France en 13e position selon le classement de la Banque mondiale

La Banque mondiale publie un « indice de performance logistique » tous les deux ans depuis 2007. 160 pays sont ainsi évalués à partir d’une enquête menée auprès de plusieurs milliers de professionnels du transport et de transitaires internationaux sur des critères comme l’efficacité des services douaniers, la qualité de l’infrastructure et la rapidité des livraisons, l’organisation des envois internationaux, les compétences logistiques, le suivi et la traçabilité ou la ponctualité.

Selon le dernier classement pour 2014, la France arrive 13e, loin derrière l’Allemagne et les Pays-Bas qui occupent les deux premières marches du podium. Les États-Unis sont classés 9e et la Chine 28e. Le bon classement de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Belgique s’explique avant tout par la qualité des infrastructures portuaires en Europe du Nord et un degré d’automatisation élevé des ports. Ces pays sont également mieux positionnés que la France en termes de formalités et de simplifications douanières. La France est également pénalisée par le fret ferroviaire et un trafic fluvial moins développé qu’en Europe du Nord.

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