Témoignage moissons Xavier Bohy: « J'exploite ma moissonneuse-batteuse à 100% avec le transbordeur »

Terre-net Média

Cette année encore Xavier Bohy, agriculteur et entrepreneur dans l'Allier, a près de 700 ha à récolter. Pour la 3ème année, il utilise un transbordeur Pérard de 18 m3, pour optimiser l'utilisation de sa moissonneuse-batteuse Case IH Axial Flow 7230. Rencontre.

Transbordeur Pérard X-Flow 18Le transbordeur Pérard X-Flow 18 de Xavier Bohy au champ avec sa moissonneuse Case IH Axial Flow. (©Xavier Bohy)
Exploitation de Xavier Bohy

Localisation : Saint-Martin des Lais, Allier (03)

Sau : 180 ha de céréales et 90 ha d'herbe (exploitation allaitante)

Uth : 3 (dont 2 salariés permanents)

Autre activité : Eta de service "clé en mains" (280 ha), ainsi qu'un peu de récolte en maïs.

Surface à récolter au total en 2013 : près de 700 ha.

Terre-net.fr : Quel élément déclencheur vous a conduit à vous équiper d'un transbordeur ?

Xavier Bohy : « C'est le prix du fioul ! Il est passé de 30 cts HT à 80 cts HT en trois ans. Le coût d'utilisation de ma moissonneuse-batteuse n'était plus le même. Dans les temps morts (déplacement trémie pleine et vidange à l'arrêt), elle consomme en moyenne 60 l/h. Et la proportion de temps morts varie en fonction des cultures : 18 % en colza, 30 % en blé et 40 % en maïs. J'ai donc franchi le cap pour la récolte 2011 en m'équipant d'un transbordeur Pérard X-Flow de 18 m3. Il me fallait un "petit" transbordeur car je ne voulais pas passer sur deux moissonneuses-batteuses.

Un transbordeur sert à vider une moissonneuse-batteuse le plus rapidement possible. Je cherchais donc une vis de vidange à gros débit (temps de vidange : 1min40, données Pérard). Par ailleurs, je voulais une machine qui soit homologuée pour la route, car selon la nature des routes, on n'est pas à l'abri d'un accident (le transbordeur X-Flow est homologué sur la route uniquement à vide, car il n'a qu'un essieu). Enfin, le X-Flow a également l'avantage de mieux respecter les sols. En effet, il est monté en pneus larges (91 cm) et avec ses 3m50, il n'a pas la même voie que le tracteur, ce qui permet une meilleure répartition des masses sur le sol. Un critère important selon moi, étant un adepte des techniques culturales simplifiées (Tcs).

TN : Qu'est-ce qui a changé dans l'organisation de vos chantiers de récolte ?

XB : Auparavant, nous utilisions deux bennes pour les récoltes de l'exploitation : une de 17 et une de 21 tonnes. Et bien sûr nous vidangions à l'arrêt en bord de parcelle afin de respecter les sols. Pour les chantiers de l'Eta, nous utilisions des caissons de 18 tonnes fournis par la coopérative. Là encore, c'est l'Axial-Flow qui faisait la route et qui vidangeait à l'arrêt.

Aujourd'hui, c'est le transbordeur qui fait les navettes. Quand la trémie de l'Axial est pleine au ¾, le gyrophare se met en route et le transbordeur vient vider la moissonneuse. Nous avons supprimé les temps morts, et je peux ainsi exploiter à 100 % ma moissonneuse-batteuse. Selon les cultures, le gain en débit de chantier va de 18 à 40 %. Désormais, c'est la moissonneuse qui fait le débit de chantier : jusqu'à 450 qx/h en blé et jusqu'à 600 qx/h en maïs.

L'inconvénient pour les récoltes de l'exploitation, c'est qu'il faut un chauffeur supplémentaire pour emmener le transbordeur. Si le problème se solutionne facilement l'été avec un stagiaire ou un étudiant, il est plus délicat pour le maïs en automne.

Pour les récoltes de l'Eta, la logistique de transport derrière le transbordeur devient le point sensible. La coopérative nous met à disposition des semi-remorques, car c'est une logistique moins coûteuse que les caissons (Xavier Bohy ne facture pas le "service transbordeur"). Il faut deux voyages de X-Flow pour charger un semi-remorque. Pour absorber ces débits de récolte plus important, une organisation claire avec la coopérative est nécessaire. Dans la mesure du possible, nous prévenons la coopérative de l'emplacement des parcelles que nous allons récolter un à deux jours à l'avance.

« Avec la hausse de débit de chantier de 30 % permise par le transbordeur, tous les trois ans, je gagne une année machine sur ma moissonneuse-batteuse (moins d'heures moteur pour un même nombre d'hectares récoltés) »

TN : Passer au transbordeur, est-ce rentable ?

XB : C'est une question difficile. Le X-Flow de Pérard m'a coûté 30.000 euros et je n'ai eu aucun souci de fiabilité. De plus, le gain de chantier de 30 % me permet de gagner une année machine sur ma moissonneuse tous les trois ans. Il me faut moins d'heures moteur pour récolter un même nombre d'hectares.

Dans certaines régions où les conditions de récolte sont plus difficiles, on peut imaginer également gagner en qualité de céréales. Car en récoltant plus vite, on profite des conditions optimales. Mais c'est très difficile à chiffrer. 

Le X-flow a cependant un inconvénient : l'entretien, la hauteur et le diamètre de la vis rendent ce transbordeur inadapté pour un usage avec de l'engrais. On risque de détériorer la matière. »


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous