Liaison tracteur-outil Fonctions Isobus : l’électronique, c’est super quand ça marche...

Terre-net Média

Faire fonctionner ensemble l’électronique de deux matériels agricoles de marques différentes relève souvent du casse-tête. Cela est aussi vrai si ces matériels sont tous deux « Isobus ». Alors que faire ? L’AEF a mis sur pied une base de données qui permet, en théorie, de vérifier la compatibilité des engins. Encore faut-il comprendre les bases des fonctionnalités de l’Isobus. Voyons ensemble comment lire cette étiquette.

La fameuse étiquette Bleue de l'AEF ici sur un Deutz-Fahr série 9La fameuse étiquette bleue de l'AEF, ici sur un Deutz-Fahr série 9. (©Terre-net Média )

Pour réussir l’attelage d’un outil agricole sur un tracteur, choisir les bonnes boules d’attelage et les bonnes cannelures de prise de force et brancher correctement les distributeurs hydrauliques ne suffit plus. Il faut aussi réussir la connexion électronique pour faire communiquer le tracteur et les outils.

A l‘arrière de la plupart des tracteurs modernes ainsi que sur les outils récents, on trouve une étiquette Isobus de couleur bleue qui est là pour nous aider. Pourtant, cette étiquette n’est pas un gage de compatibilité et encore moins de « plug and play ». (NDLR : « Brancher et utiliser »)

Pour comprendre, revenons au début de l’histoire de l’Isobus en 2001. Les grands constructeurs mondiaux s’entendent pour faciliter la communication entre tracteurs et outils. Ils s’engagent à travailler selon une norme commune, l’Isobus, qui répond à la norme ISO 11783. En 2008, la compatibilité n’est toujours pas de rigueur et les constructeurs créent l’AEF (Agricultural ndustry Electronics Foundation) dans le but de faciliter le dialogue entre les entreprises concurrentes. Cette fondation créée alors des directives complémentaires à la norme ISO 11783. Le label de certification AEF est créé. Afin de rendre ces discussions normatives faciles à lire, c’est en 2014 que notre fameuse étiquette bleue arrive sur les machines agricoles.

Comprendre l'étiquette bleue

Malgré les efforts réalisés par les constructeurs, il faut encore pouvoir la déchiffrer, notamment les fonctions qui seront certifiées compatibles. Pour cela, nous avons interrogé Aurélien Pichard, le chef de produit Agriculture de précision pour Same Deutz-Fahr qui nous a aidés à comprendre l’étiquette bleue de l’AEF.

Neuf fonctions d'Isobus complémentaires mais différentes !Neuf fonctions d'Isobus complémentaires mais différentes ! (©AEF)

« Le logo AEF certified Isobus est complété par neuf cases plus petites à droite. Chacune d’elle correspond à une des fonctions de l’Isobus. »

Par exemple, en haut à gauche on retrouve UT. La présence de ce sigle signifie : "Capacité d'exploitation d'un outil avec n'importe quel terminal" mais aussi, la "capacité d’utiliser un terminal pour faire fonctionner différents outils". Il faut que ce sigle UT soit présent à la fois sur le tracteur et sur l’outil pour que la communication se fasse entre eux. Toutefois le nombre de bug possibles est tellement important qu’il est préférable d’aller sur la base de données de l’AEF pour tester la compatibilité des machines entre elles avant l'achat. https://www.aef-isobus-database.org

Les cinq petites cases suivantes vont plus loin que l’usage d’un terminal virtuel :

TECU : Bloc de commande électronique du tracteur

L’ordinateur de bord du tracteur peut mettre à disposition par Isobus des informations centrales du tracteur telles que la vitesse, le régime de prise de force où la hauteur du relevage.

AUX-O ou AUX-N : Commandes auxiliaires (O ancienne norme, N nouvelle norme)

Les éléments de commande additionnels, comme un joystick par exemple, selon la nouvelle norme sont librement programmables. Les "anciennes" et "nouvelles" normes ne sont pas compatibles entre elles.

TC-BAS : Contrôleur de tâches basiques

Utilise les valeurs cumulées pertinentes issues du travail fourni. L’appareil met ensuite les valeurs à disposition. Ces données peuvent ensuite être utilisées pour un échange de données au format Iso-XML.

TC-GEO : Contrôleur de tâche géo-référencé

Offre en plus la possibilité de compiler les données de localisation ou de planifier des tâches localisées à l'aide de cartes d'application. Par exemple pour de la modulation de doses.

TC-SC : Contrôleur de tâche des coupures de tronçons

Gestion automatique de tronçons en fonction de la position GPS et du degré de chevauchement souhaité.

Les trois dernières cases sont d’ores et déjà prévues pour les évolutions du système dans les prochaines années. Toutefois les différents constructeurs ne se sont toujours pas mis d’accord dans le détail sur ces futures fonctionnalités. La plus attendue est certainement TIM pour Tractor implement management qui permettra à l’outil de piloter le tracteur et non plus l’inverse. La fonction LOG devrait permettre un export de données IsoXML sans prise en compte de la tâche en cours. Et enfin la fonction ISB permet de désactiver l’Isobus pour l’outil en question.

Après 17 ans de développement, l’Isobus continue sa route. Vivement que tous les matériels soient « plug and play » pour nous faciliter la vie au quotidien. Mais ce n’est pas encore pour demain...


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