Interview de dirigeant Patrick Besson : « L’avenir sera au service client »

Terre-net Média

C’est au siège du groupe Grégoire et Besson à Montfaucon-Montigné dans le Maine-et-Loire que se situent le cœur historique de la marque et le site de production de son produit phare, la charrue. C’est aussi là que nous a reçus Patrick Besson, son président.

Patrick Besson président de Grégoire et Besson Prends la pose de vant son animal fétiche l'éléphant ! Patrick Besson, président de Grégoire et Besson, prend la pose devant son animal fétiche : l'éléphant ! (©Terre-net Média)

Patrick Besson dirige le groupe Grégoire et Besson depuis plus de 40 ans. Après deux années en Algérie, cet ingénieur des travaux ruraux et des techniques sanitaires, suit la formation Masec, ancêtre de l’ISEAE (Institut Supérieur Européen des Agro-Equipements). Très vite, il manifeste une forte sensibilité pour l’export et l’entreprise commence à se développer au-delà du Maine-et-Loire et de la Vendée.

Terre-net : Que représente Grégoire et Besson aujourd’hui ?

Patrick Besson : Grégoire et Besson se positionne comme le spécialiste mondial du travail du sol. Le groupe compte huit filiales sur trois continents et 600 salariés. Sa gamme de produits est très large et couvre la plupart des besoins en France mais aussi à l’étranger. L’entreprise réalise 70 % de son chiffre d’affaires à l’export et 30 % sur le territoire national.

Terre-net : Quels sont les impacts de la crise pour le groupe ?

PB : La conjoncture agricole est difficile mais, comme le dit la Bible, « après les années de vaches maigres viendront les années de vaches grasses ». La sélection naturelle est en cours chez les constructeurs. On ne sait pas encore combien de temps la crise va durer mais notre positionnement à l’international nous apporte une sécurité.

TN : On parle très souvent de techniques culturales sans labour. Est-ce la fin des charrues ?

PB :  Si le marché de ce matériel a souffert il y a quelques années devant le dogme du "sans labour", la charrue revient aujourd’hui en tant qu’outil d’assurance récolte, qui permet de sécuriser sa production.

TN : Comment préparez-vous l’avenir de l’entreprise ?

PB : L’avenir sera tourné vers le service client. C’est pourquoi nous avons investi 4 millions d’euros dans la formation technique et commerciale, ainsi que dans la logistique des pièces de rechange. (…) J’ai également un fils qui a la carrure pour être chef d’entreprise.

TN : Votre positionnement haut de gamme n’est-il pas un frein à la vente ?

PB : Le haut de gamme peut se décliner en bas de gamme, l’inverse n’est pas possible. On nous appelle parce que le contexte est compliqué et que nous proposons des solutions. 

TN : Après 40 ans passés à la tête de Grégoire et Besson, quelle est votre plus grande satisfaction ?

PB : Nous avons toujours mis en en avant l’écoute des clients. Par ailleurs, je suis fier de travailler avec les différentes équipes qui m’entourent. Quel bonheur d’échanger avec elles !

Historique du groupe Grégoire et Besson

L’histoire du groupe remonte à 1802 quand la famille Grégoire installe sa forge à Montigné-sur-Moine dans le Maine-et-Loire, aujourd’hui Montfaucon-Montigné.

Au début, elle se déplace de ferme en ferme pour réparer et améliorer les outils agricoles. Juste avant la Seconde Guerre mondiale, Victor Grégoire le fondateur historique de l’entreprise se spécialise dans les charrues monosoc et bisoc. À l’époque, Alphonse Besson, apprenti forgeron chez Grégoire frères, épouse la fille aînée de Victor. De Grégoire frères, l’entreprise deviendra Grégoire et Besson. Dans les années 50, elle se spécialise non seulement dans les charrues mais aussi dans les planteuses de pomme de terre à germes et à poireau.

En 1976, Patrick Besson, le fils d‘Alphonse, rejoint l’entreprise. En 1989, Grégoire et Besson rachète les cover crop Fenet. Et en 1992, la première filiale du groupe à l’export, est créée en Angleterre. En 2001, le groupe Grégoire se porte acquéreur de Askel, spécialiste des outils à dents à Quimper. Puis en 2005, le groupe rachète coup sur coup Dehondt (Seine-Maritime) et Souchu Pinet (Indre-et-Loire).

Enfin, en 2011, Rabewerk entre dans le giron du groupe mais restera distribué, comme Souchu Pinet, par un réseau commercial indépendant.

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