Tracteur XXL John Deere 9 RX : la traction à l'état pur

Terre-net Média

C’est à Lugos dans les Landes qu’a été dévoilé le tracteur XXL de John Deere. Une bête de traction qui, grâce à ses quatre chenilles et à son articulation, passe un maximum de puissance au sol. Contrairement à ses confrères 9R et 9RT, il conserve un maximum de traction même en courbe et en dévers.

16°C, un 1er décembre à Lugos, à la croisée des forêts et des plaines landaises. Exceptionnel, tout comme le tracteur John Deere présenté au milieu des 1 450 ha de maïs de Thierry et Romain Nerault. À machine hors norme, exploitation hors norme. D’autant qu’elle dispose d’un second site de 1 250 ha, entre Niort et Poitiers (pour les autres cultures).

Quatre modèles de 470, 520, 570 et 620 ch composent la gamme RX. Pour répondre aux exigences du Tier 4 final, les deux plus puissants utilisent un moteur Cummins de 15 l de cylindrée. Les deux plus petits, eux, sont pourvus d’un moteur John Deere de 13,5 l. Chaque motorisation combine la technologie SCR, un filtre à particules et une vanne EGR. Quatre mots-clés définissent ce tracteur : performance, confort, faible coût d’utilisation et capacité de traction élevée.

27 t à vide

La longueur des chenilles a été augmentée de 20 % et le diamètre de la roue motrice prend de l’ampleur. Les plots entraînent le RX en jouant un rôle d’engrenage (huit d’entre eux sont engagés dans la roue) alors qu’ils servent de guide sur les tracteurs à deux chenilles. Cette « pignonerie » transmet plus de puissance à la chenille sans la détériorer. L’enroulement de la roue est supérieur de 24 %, ce qui accroît là encore la surface de contact. Pour garantir une traction maximale, même en conditions extrêmes, chaque train est équipé d’un blocage de différentiel.

Pour porter les 27 t de l’engin, les quatre galets, malgré leur diamètre différent, sont placés exactement au même niveau. Les deux galets intermédiaires assurent la stabilité. Ils sont décalés du milieu de la roue pour éviter que des vibrations remontent dans la cabine. La lubrification est garantie à vie : il suffit de contrôler le niveau de lubrifiant toutes les 1 500 h de travail. En cas de panne, pas de panique. Il n’y a que huit boulons à démonter pour remplacer le galet.

La traction s’allie à la puissance

Le train de chenilles pivote de 10 degrés à l’avant et à l’arrière pour assurer un suivi parfait du terrain. Deux largeurs de chenilles existent : 30 ou 36 pouces. Chaussé avec les 30 pouces, le tracteur a une largeur de 2,98 m. Celle-ci passe à 3,12 m avec la version 36 pouces. Malgré cela, le tracteur n’est autorisé à circuler qu’à 25 km/h maximum, comme une moissonneuse-batteuse. 

Deux qualités de chenilles sont disponibles : la 4 500 et la 6 500, dont la durée de vie est doublée par rapport au premier modèle. Faciles à reconnaître, les pièces de chenille fournies par Camoplast sont noires. Celles de John Deere sont jaunes ou vertes.

Côté articulation, une énorme pièce en fonte relie l’avant à l’arrière du tracteur. Elle permet une bonne liaison au sol quel que soit le terrain. Le pivotement est double : il s’effectue dans le sens latéral et longitudinal. Le système autorise des déclivités jusqu’à 15 degrés.

Côté confort, ZF s’est penché sur la suspension de cabine. Il en a même développé une spécialement pour les besoins de la série 9 RX. Ainsi, la cabine est suspendue à chaque coin par un amortisseur. Des barres de torsion la maintiennent à l’horizontal. Le test réalisé par le constructeur a mis en évidence l’excellent niveau de confort. On ressent la même qualité lancé à 10 km/h dans un chemin avec un tracteur à deux chenilles qu'à bord du 9 RX, mais cette fois à 20 km/h!

Homologué à 25 km/h sur route

Pour aller plus loin, le RX possède en option une direction électrique : l’Active Steering System. Elle réduit les à-coups sur la partie arrière et procure plus de souplesse. Lorsque la vitesse augmente, la direction du tracteur se durcit.

27 t, c’est hallucinant quand on parle tous les jours de compaction des sols. Mais pas tant que ça en réalité : ce ne sont que 3 tonnes de plus que pour un deux chenilles. La différence, c’est l’empreinte au sol. Plus 24 % (par rapport à un modèle deux chenilles) et plus 140 % comparé à un tracteur huit roues (en 710/70 R42). Et si l’on compare la pression au sol du RX à celle d’un homme de taille et de corpulence moyennes, on ne trouve que 10 kg/cm2 de plus ! 

John Deere n’a donc pas prévu de lestage supplémentaire mis à part les 1 490 l de carburant contenus dans le réservoir. Avec un cultivateur profond de 7,5 m de large travaillant à 30 cm, la consommation s’élève à 120 l/h, ce qui équivaut à 10 l/ha avec un débit de chantier de 12 ha/h. Finalement, les 620 ch boivent peu.


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