Sima Innovation Awards Sécurité, confort et productivité : les 3 mots-clés de l'édition 2021

Terre-net Média

Les nominations pour les Sima Innovation Awards viennent d'être annoncées à la presse. Le cru 2021 s'intéresse particulièrement aux systèmes destinés à améliorer l'efficience des machines et des fermes et la sécurité des opérateurs, à réduire l'apparition des troubles musculo-squelettiques et à développer le numérique.

Trophées des Sima Innovation AwardsLes Sima Innovation Awards observent la tendance vers le numérique au service de la sécurité, du confort et de la précision des applications. (©Sima) 

Après une période tumultueuse en termes de date liée à la crise sanitaire du Covid-19, le Sima est désormais programmé en novembre 2022. Les constructeurs ont cependant profité du concours Sima Innovation Awards pour présenter à la presse leurs nouveautés. Preuve du dynamisme du secteur agroéquipement même face à la situation pandémique.

Les innovations dévoilées sont essentiellement dédiées à l'amélioration de l'efficience des machines et des exploitations, point de vue technique et économique. Les tendances qui se dégagent reflètent les préoccupations majeures qu'ont les agriculteurs et les constructeurs. Sans surprise, le numérique est largement présent parmi les dossiers reçus. Il devient difficile de mettre en avant la thématique car elle se fond derrière les fonctions innovantes qu’elle permet d’obtenir. Par exemple, le numérique est massivement intégré aux dispositifs dont le rôle principal est d’améliorer la santé, la  sécurité et le confort au travail.

Diminuer les troubles musculo-squelettiques

Sans oublier de servir la diminution des troubles musculo-squelettiques et le gain de confort à bord des engins. L'imagination des bureaux d'études ne manquent pas. Enfin, la dernière tendance porte sur la précision des applications, la qualité du travail et la prise en compte de la transition agro-écologique et des préoccupations environnementales

Les applications numériques permettent de collecter et d'enregistrer de la donnée. Par exemple, elles peuvent servir à détecter les vols à l'image du capteur connecté Khiko de la société Go4ioT. Des capteurs spécifiques sont ajoutés aux machines, ou certains sont déjà existants. C'est le cas d'Amazone qui cartographie le sol à partir des capteurs du Cenius TX. La technologie s'appelle Zone Finder et détecte par exemple la profondeur de travail et l'inclinaison de l'outil. Elle combine les informations avec celles déjà disponibles sur le tracteur (consommation, patinage...).

Des innovations pour diminuer l'accidentologie

L'accidentologie sur route est également prise en compte. La taille du matériel agricole augmente et la distance parcourue aussi. Sans oublier la vitesse ! Résultat : le risque d'accident s'accroît. Poclain Hydraulics s'est penché sur la capacité de freinage des convois. L'entreprise propose par exemple sa double ligne de freinage VBT Braking qui adapte la pression de freinage en fonction de la charge. Claas sécurise ses becs à maïs lors des déplacements grâce à son dispositif de mise en place automatique de carters et de signalisation. Plus besoin de descendre de la machine pour mettre en place les installations de sécurité, ce qui implique qu'elles seront utilisées. Idem chez Krone avec le Comfortcover installé sur la tête de récolte Xcollect

Le salissement des routes est pris en considération par Hydrokit qui présente son système de nettoyage de roues intégré. Fini la boue sur la chaussée, le réservoir d'eau embarqué et les buses installées sous les garde boues nettoient les roues essieu par essieu. L'activation se fait de sorte à ce que le nettoyage s'opère au même endroit quelle que soit la position du train roulant, soit en sortie de champ.

Autre risque : le renversement des engins de manutention. Sur sa chargeuse Torion Sinus, Claas installe des capteurs détectant la position du bras télescopique et l'angle d'articulation de la machine. Les mouvements brutaux de l'opérateur sont supprimés grâce au dispositif détectant la zone de risque, qui aussitôt fluidifie les mouvement de la chargeuse. Chez Merlo, la technologie de stabilisation de charge se nomme ACS. L'électronique reconnaît automatiquement l'outil attelé sur le chariot télescopique. Le conducteur possède un écran affichant le diagramme de charge et les réglages de l'engin. La machine connaît donc ses limites de mouvement en fonction de la charge manipulée. L'opérateur peut par exemple mémoriser des limites de dépliage du bras télescopique pour éviter de lever trop haut dans un bâtiment étroit. 

Gagner en précision pour réduire les IFT

Dès le démarrage de l'agriculture de précision, la préoccupation était tournée vers la précision des applications. La modulation de doses impose notamment que l'outil soit capable de délivrer et de répartir l'intrant avec fiabilité. Les innovations en ce sens n'ont pas manquées ces dernières années et bénéficient dorénavant aux outils de travail du sol et aux semoirs. Sans oublier la pulvérisation ciblée en vue de réduire drastiquement l'utilisation des produits phytosanitaires.

L'entreprise Agrowin International a développé le Scalpwin, un outil capable de travailler et de semer sur une couche superficielle grâce à des disques indépendants. Et lorsque le travail concerne les deux premiers centimètre du sol, mieux vaut être précis. Côté semis, Amazone dévoile son Fertispot, système permettant de distribuer des poquets d'engrais de manière synchronisée avec le semis monograine. La technologie résulte du constat qu'en épandant l'engrais sur le rang de semis, l'intrant placé entre les plantes n'est pas utilisable et est bien souvent lessivé. D'où la synchronisation avec le disque de semis, rendu possible par les systèmes d'entraînement électriques, capables de gérer la fréquence de rotation pour s'adapter à la vitesse de travail et à la densité de semis.

Evrard a présenté récemment sa technologie R-Activ disponible sur le nouveau pulvérisateur Météor. En pilotant les fonctions de l'équipement grâce à de l'air, l'engin gagne en réactivité et permet aussi de coupler deux pompes pour obtenir plus de débit ou de les découpler pour gérer deux fonctions simultanées. Plus en rupture, Xarvio propose aux agriculteurs de déléguer la protection des cultures, et de ne plus se soucier ni du choix, ni du stockage, ni de l’épandage des produits. Le principe est celui d’un contrat : l'agriculteur souscrit un contrat de réalisation d’une protection de ses cultures, charge pour Xarvio et ses partenaires de mettre en œuvre le nécessaire pour atteindre l’objectif fixé. En cas de non réalisation, l'exploitant sera indemnisé à hauteur du préjudice. En clair, le fournisseur s'oriente vers une stratégie de résultat plutôt que de moyen.

2022 : le Sima fête ses 100 ans

La première édition s'est tenue en 1922. Elle rassemblait 322 exposants au grand palais des Champs-Elysées. A l'époque, la traction animale dominait, bien loin de l'innovation que le machinisme connaît actuellement grâce à l'automatisation et à la robotisation notamment. En 1925, le salon s'installe porte de Versailles avant de s'internationaliser grâce à la parution de son catalogue en quatre langues en 1928. En 1931, le concours de la "section des machines nouvelles" est lancé, préfigurant l'actuel Sima Innovation Awards. Après 66 ans à la porte de Versailles, le Sima déménage vers le parc des expositions de Villepinte en 1991 puis devient biennal en 1995. En 2019, le salon regroupe près de 1 800 entreprises en provenance de 42 pays. 

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