Semis direct Jeff Claydon : « Je voulais rendre ma ferme rentable »

Terre-net Média

Jeff Claydon, agriculteur et dirigeant de la société du même nom, nous présente bien plus que des machines : un système complet de travail simplifié pour diminuer les charges d'implantation.

Depuis quatre générations, la famille Claydon exploite une ferme dans l’est de l’Angleterre, dans le Suffolk précisément, devenue le siège social de l’entreprise éponyme, spécialiste du semis direct. Aux manettes actuellement, Geoffrey Claydon qui cultive 400 ha de grandes cultures depuis presque 40 ans. Il y a une dizaine d’années ses deux fils, Spencer et Oliver, l’ont rejoint.

« En 2000, le prix de vente des céréales était tombé si bas qu’il n’était plus rentable de produire. J’ai donc essayé de réduire mes coûts de production », raconte Geoffrey Claydon, que tout le monde ici appelle Jeff. S’il est difficile de diminuer les apports d’engrais, la qualité des semences ou les traitements phytos sans affecter les rendements, agir sur le coût d’implantation de la culture est envisageable.

Comment faire ?

Il faut tout d’abord limiter la quantité de terre travaillée tout en facilitant l’implantation de la graine. Néanmoins, il faut travailler suffisamment le sol pour qu’il conserve sa portance et un drainage optimal. Des principes qui rappellent à Jeff les premiers essais de semis direct dans les années 70’. « À l’époque, ça n’avait pas fonctionné car prendre en compte les adventices et leurs traitements chimiques coûtait trop cher. Aujourd’hui, c’est moins vrai. » L’agriculteur anglais et dirigeant de l’entreprise Claydon, a donc relancé le semis direct tout en travaillant en bandes. « Ce système me paraît le plus efficace pour mon exploitation et donc pour mes clients. Comme je cherchais du matériel robuste et fiable, j’ai décidé de fabriquer moi-même ce dont j’avais besoin. La première année, nous avons fait deux semoirs, un pour moi et un autre que nous avons vendu.

Sur quels principes repose le système de Jeff ?

Après la récolte, dès que des mauvaises herbes lèvent, Jeff passe la herse à paille. Ainsi, celles-ci germent puis sont déracinées. Un moyen aussi de lutter contre les limaces dans les parcelles humides, en détruisant leurs œufs. » Ce hersage s’effectue entre 15 et 25 km/h. Une intervention rapide qui permet de traiter jusqu’à 160 ha/j, mais qui impose de reprendre toujours les mêmes passages de roues de tracteur ! Cela préserve la structure du sol et améliore le rendement.

Au moment du semis, le semoir Hybrid de Claydon prend le relais. En un  seul passage, il évacue les résidus de récolte avec sa dent ouvreuse et creuse un sillon de drainage sous les graines. Dans le même axe, une dent semeuse ouvre un sillon plus large mais moins profond que la dent ouvreuse qui sert de lit de semences. Puis, des lames de nivelage et des dents herseuses referment le sillon avec la graine. Bien sûr, il est possible d’apporter de l’engrais solide ou liquide en fertilisation localisée. Claydon propose ses semoirs Hydrid en version portée de 3 à 6 m de large. Et en version semi-portée, du T4 de 4 mètres au T8 de 8 mètres.

Interviennent enfin, pour améliorer le contact sol-graine, de lourds rouleaux Cambridge (cette ville se situe à 50 km du siège de Claydon), qui permettent également de retenir l’humidité dans le sol et de réduire l’érosion.

« Notre premier objectif quand nous concevons nos produits : fabriquer des matériels qui fonctionnent,  Simples, solides et farmer friendly ! »

Est-ce que ça marche ?

Lors d’un tour de plaine avec Jeff, le constat est sans appel. Sur les parcelles travaillées depuis 13 ans avec ce concept, le sol est drainant, avec une belle structure et des cultures bien implantées. Il y a peu d’ornières malgré les passages fréquents d’engins et les rendements ont atteint 140 q/ha en 2015. (cf. photos) À condition, rappelle Jeff, « de ne jamais travailler plus profond que pour les semis »

Plus de 650 agriculteurs, dans 29 pays, utilisent ce semoir, commercialisé en version V disque depuis 2002 et en version hybride depuis 2008. Au fur et à mesure des années, Claydon a ajouté une gamme complète de socs semeurs interchangeables rapidement. La marque propose aussi des options d’ouverture à disque et de doubles dents semeuses. Selon de nombreux témoignages, en plus d’une diminution des coûts d’implantation, le  rendement  et la marge des cultures progressent. Claydon cherche maintenant à étendre son réseau de distribution en France et est fier de dire : « Notre semoir peut travailler quels que soient le sol et l’humidité ! »


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