Désherbage mixte Une désherbineuse pour s'affranchir du pulvérisateur

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Combinant les avantages du binage et de la pulvérisation de précision, le désherbinage a de quoi séduire. Reste à choisir son outil et à le régler pour optimiser son efficacité.

désherbineuse CarréLe choix du système de guidage est primordial pour le désherbinage. (©Carré)

Une désherbineuse est un outil capable de combiner désherbage mécanique et protection chimique des cultures. Elle est munie d'une cuve et d'un système de pulvérisation de précision. L'intérêt pour l'agriculteur est double : combiner les actions pour limiter les passages dans la parcelle et économiser des intrants en ne traitant que le rang.

 

Aujourd’hui, une désherbineuse n’a rien à envier à un pulvérisateur en termes d’électronique. Près de 90 % des agriculteurs qui se lancent dans le désherbinage optent d’ailleurs pour une régulation Dpae, c'est à dire proportionnelle à l’avancement (chiffre Carré). Et les désherbineuses sont pilotées via des terminaux indiquant le volume restant en cuve, le nombre d’hectares travaillés, etc.

La cuve peut être montée sur le châssis de la bineuse à l’arrière ou sur le relevage avant du tracteur. La deuxième configuration permet d’équilibrer les masses sur le tracteur. A noter, les efforts de relevage constituent le principal facteur limitant pour choisir sa désherbineuse, celles-ci étant aujourd’hui portées (avec éventuellement une roue de transport pour délester le tracteur sur la route). En montant sa cuve sur le relevage avant, on peut également gagner en polyvalence puisqu’il est possible de l’utiliser avec d’autres matériels de l’exploitation, comme le semoir pour la fertilisation. Toutefois, ce sont les cuves montées directement sur le châssis de la bineuse qui se vendent le plus, pour des largeurs d’outils de 4,50 à 8 m.

Un tiers de la surface traitée

En matière de pulvérisation, ces matériels permettent une double économie de phytosanitaires. D’une part, ils effectuent un traitement localisé : ainsi, environ un tiers de la surface est traitée en plein. D’autre part, ils travaillent beaucoup plus près de l’adventice qu’un pulvérisateur : quelques centimètres contre 25 à 50 cm. Il est donc possible de désherber en diluant la bouillie. De plus, la position de la buse et son orientation sont adaptables (manuellement) en fonction de l’adventice ciblée et de la culture traitée. A titre d’exemple, en utilisant des buses à jet plat, on applique en désherbinage une dose de 60 à 70 l/ha, comparé à 150 à 200 l/ha en pulvérisation conventionnelle.

Pour une qualité de travail optimale, le choix du système de guidage de la désherbineuse est primordial. L’agriculteur peut tout d’abord équiper sa bineuse d’un dispositif de surveillance du rang par caméras (une à quatre au total). L’avantage : celui-ci se base directement sur le rang. Les limites : un inter-rang fortement contaminé par les adventices (distinction du rang plus délicate) et un développement avancé de la culture (les feuilles recouvrent l’inter-rang). Dans ce deuxième cas, les caméras peuvent être remplacées par des palpeurs mécaniques, à condition qu’il s’agisse d’une culture à tige rigide type maïs. Les palpeurs détectent alors toute déviation de l’élément de binage vers le rang.

L’autre solution technique pour biner avec précision est l’autoguidage Rtk, qui permet de conserver les mêmes traces d’un passage à l’autre avec une précision de 2 à 3 cm. Le coût de cette technologie est cependant plus élevé.

Entrer dans la parcelle au bon moment

Reste à entrer dans la parcelle au bon moment. Une bineuse travaille habituellement en conditions sèches, tandis qu’un pulvérisateur requiert une bonne hygrométrie et l’absence de vent. Avec une désherbineuse, il faut trouver le meilleur compromis entre ces conditions météo opposées, en privilégiant l’humidité pour optimiser l’efficacité de la pulvérisation.

Pour en savoir plus sur le désherbage mécanique et le désherbinage, connectez-vous au site www.atoutbiner.fr développé par Carré.

En plus de la taille des fenêtres de travail, plusieurs paramètres sont à prendre en compte au moment d’acheter ce type de matériel : notamment la surface que l’on souhaite désherber (achat individuel ou copropriété) et le nombre de cultures concernées.

Car chacune a un inter-rang différent. Dès qu’on change d’espèce, il faut modifier les réglages de la désherbineuse. Chez Carré, un des principaux acteurs du marché, l’inter-rang peut s’adapter de 7 cm à 1 m si nécessaire. D'une manière générale, au-delà de trois cultures, cela devient difficile à gérer. Et le problème s’intensifie avec la largeur de l’outil !

Actuellement, 10 % des agriculteurs qui font du binage optent pour une bineuse frontale. Car celle-ci permet de se passer d’un système de guidage – l’outil est sous les yeux du chauffeur, en offrant une meilleure réactivité puisque la bineuse se situe devant l’essieu avant directeur.

La désherbineuse : intérêts et contraintes à retenir
+-
Réduction des doses d'herbicide à
l'hectare et meilleure efficacité du
produit (pulvérisation de précision) 
Fenêtres d'utilisation parfois courtes :
compromis entre celles d'une
bineuse (temps chaud et sec) et celles
d'un pulvérisateur (bonne hygrométrie
de l'air.
Bénéfice du binage du sol
(casse la croûte, oxygénation) 
Economie de Gnr
(moins de passages dans la parcelle) 
Outil moins rapide qu'un pulvérisateur
(6 à 8 km/h) 

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