Irrigation agricole Le vrai du faux sur la réutilisation des eaux usées traitées

Nicolas Mahey Terre-net Média

La réutilisation des eaux usées traitées pour l'irrigation soulève plusieurs questions. Démêlons maintenant le vrai du faux.

Vrai ou faux sur les REUTLe vrai du faux sur la réutilisation des eaux usées traitées. (©Pixabay)

1- La partie comestible d’une plante irriguée avec des eaux usées traitées ne peut pas être consommée. 

Vrai et Faux

Tout dépend de la qualité de l’eau. Selon le nouveau règlement européen, si celle-ci appartient à la catégorie A, la plus épurée, toutes les méthodes d’irrigation sont possibles, y compris celles mettant la partie comestible crue de la plante en contact direct avec l’eau.

En catégorie B, l’eau usée traitée ne doit pas entrer en contact avec la partie de la plante pour une consommation crue. En revanche, elle peut l’être si elle est transformée ou destinée à l’alimentation animale.

L’eau de qualité C doit être apportée en goutte-à-goutte pour ne pas mouiller la plante.

La production de cultures industrielles ou énergétiques, ou encore de semences est, elle, compatible avec l’utilisation d’une eau d’irrigation de qualité D, et ce, quelle que soit la méthode d’irrigation choisie.

Source : règlement (UE) 2020/741 du Parlement européen et du conseil du 25 mai 2020 relatif aux exigences minimales applicables à la réutilisation de l’eau.

2- L’irrigation à partir d’eaux usées traitées ne présente aucun danger sanitaire.

Faux

Un rapport officiel de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments daté de 2010 avance (prudemment) que, « […] en l’état actuel des connaissances, il n’est pas possible de conclure à une absence totale de risques chimiques et microbiologiques pour les populations liés à la réutilisation d’eaux usées traitées […] ». L’agence estime nécessaire de limiter au maximum l’exposition en cas d’aspersion.

Elle admet cependant que son étude comporte des « lacunes et des données encore fragmentaires » et estime nécessaire de caractériser plus finement les risques liés à cette pratique.

Source : « Réutilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation des cultures, l’arrosage des espaces verts par aspersion et le lavage des voiries », Anses, rapport d’expertise collective, 2010.

3- Irriguer avec des eaux usées traitées impose de respecter des contraintes liées à la distance et à la vitesse du vent.

Vrai

Une distance minimale est imposée par rapport aux habitations, voies de circulation, lieux publics de passage ou de loisirs. Selon le matériel d’irrigation utilisé, celle-ci varie de 5 m à deux fois la portée, voire davantage dans le cas d’une eau de moins bonne qualité.

L’irrigation par aspersion est possible uniquement quand la vitesse moyenne du vent ne dépasse pas 15 km/h ou, en cas d’utilisation d’une aspersion basse pression, 20 km/h. Une vitesse de vent dont la moyenne mesurée pendant dix minutes est supérieure à cette valeur doit déclencher automatiquement l’arrêt de cette irrigation.

Source : arrêté du 25 juin 2014 modifiant l’arrêté du 2 août 2010, relatif à l’utilisation d’eaux issues du traitement d’épuration des eaux résiduaires urbaines pour l’irrigation de cultures ou d’espaces verts.

Pour en savoir plus sur le sujet des REUT : Quel avenir pour la réutilisation des eaux usées traitées ?

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