Souveraineté alimentaire : les filières agricoles présentent leurs plans

La ministre de l'agriculture Annie Genevard avait lancé en décembre ces « conférences de la souveraineté ».

« Nous sommes partis des consommateurs pour regarder comment la consommation allait évoluer à horizon 10 ans. Nous avons regardé les capacités de transformation au niveau national et en avons déduit ce que cela implique pour la production », a expliqué Ludovic Spiers, coordinateur du processus.

Les filières ont déroulé, lors du Salon de l'agriculture, leurs objectifs à horizon 2035, comprenant la construction de milliers de nouveaux bâtiments d'élevage ou de transformation. Elles prévoient aussi d'agrandir les surfaces de productions comme le houblon.

Les présidents des groupes de travail ont fait le constat d'un « mille-feuille » de réglementations et « surtranspositions » du droit européen, notamment pour les autorisations environnementales, selon eux. Ils ont souligné les besoins en recherche, notamment face au changement climatique, et de sensibilisation des consommateurs au « made in France ».

Point d'étape lors du salon 2027

« Cette stratégie, nous allons la décliner territorialement. Ce travail sera terminé soit juste avant l'été, soit après l'été », a conclu la ministre, donnant rendez-vous au Salon de l'agriculture 2027 pour un point d'étape. « Ce n'est pas l'État qui va être en capacité de financer tout ce qui vous a été dit. En revanche, l'État sera là pour animer, épauler, y compris financièrement, pour organiser et simplifier », a-t-elle ajouté.

La présentation a été interrompue par des militants de la Confédération paysanne venus dénoncer la situation dans les territoires ultra-marins.

« La suppression des petites exploitations, c'est la mort des outre-mer », a lancé l'un d'eux, en référence au discours de la ministre la veille qui a appelé à s'interroger sur la taille des exploitations françaises par rapport à celles, plus grandes, d'autres pays européens plus compétitifs. Les militants ont été rapidement évacués par des agents de sécurité après que la ministre a assuré son soutien aux outre-mer.

Concernant le chantier « souveraineté », les régions métropolitaines devront mener la prochaine étape ; une évaluation sur les outre-mers sera menée en parallèle.

Parmi les mesures, il s'agira de construire en dix ans 2 800 poulaillers pour la volaille et 575 autres pour les œufs. La filière grandes cultures a appelé à moderniser les moulins et construire des usines de pâtes pour transformer le blé que le pays produit en masse.

Du côté des ruminants, on veut engraisser 70 000 jeunes bovins supplémentaires par an et ne plus les envoyer en Italie ou Espagne, installer 2 000 éleveurs laitiers par an, ou 60 élevages de chèvres.

Autres projets, produire des fruits tropicaux où le changement climatique le permet, installer trois élevages de poissons après 25 ans sans nouvelle construction.

Pour Aurélie Catallo, experte à l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), il manque cependant « un exercice de cohérence biophysique : comment toutes ces productions, (annoncées) en hausse pour la plupart, rentrent-elles dans la ferme France, avec une surface agricole constante et un contexte de changement climatique qui limite les rendements ? » La chercheuse souligne que déjà aujourd'hui il faut « lutter pour conserver cette surface », entre artificialisation des sols et abandon de terres lié à leur moindre capacité productive.

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