« Une France agricole forte, c’est une France qui produit », défend Annie Genevard

Annie Genevard sur le stand du ministère de l'Agriculture le 23 février au salon de l'agriculture.
Annie Genevard sur le stand du ministère de l'Agriculture, le 23 février, au salon de l'agriculture. (©Terre-net Média)

Alors que la balance commerciale agroalimentaire de la France est quasi nulle en 2025, pour la première fois depuis près de 50 ans, il s’agit de retrouver de la compétitivité et de convaincre la société civile de l’importance de redonner de l’élan à la production nationale, a expliqué Annie Genevard sur le stand de son ministère. Pour la ministre, il faut mener le combat « contre les apprentis sorciers de la décroissance », rappelant qu’une « France agricole forte, c’est une France qui produit ».

Si l’Europe aura un rôle à jouer dans la reconquête de la souveraineté agricole, à travers la Pac, ou la protection contre la concurrence déloyale (via des contrôles renforcés notamment), un certain nombre de leviers sont à activer au niveau français.

« Rendre les fermes plus compétitives »

Pour « rendre les fermes plus compétitives », de premiers jalons ont été posés, estime Anne Genevard, à travers l’abaissement des charges, des mesures de simplification, la première loi Duplomb-Ménonville, mais il faut désormais aller plus loin avec la loi d’urgence.

Annoncé il y a 40 jours, le texte est en cours de construction, et si certains s’impatientent de le voir arriver au Parlement, « qui peut raisonnablement penser que le Gouvernement puisse produire un texte utile et robuste pour les agriculteurs dans ce délai sans insulter la concertation et bâcler sa portée juridique ? » défend la ministre.

Le temps du salon de l’agriculture doit notamment permettre d’affiner les contours du texte, et donne l’occasion aux syndicats de « préciser leurs propositions », explique-t-elle, rappelant sa volonté de voir le texte « aller au bout avant 2027 ». En revanche, il ne faudra pas y voir « une nouvelle loi d’orientation » compte tenu du délai, ajoute-t-elle, précisant que le changement de paradigme devra attendre la prochaine élection présidentielle.

En revanche d’autres sujets pourront avancer d’ici cette échéance, par exemple les projets liés à l’irrigation, que la ministre entend débloquer, avec l’appui des préfets. Une réunion menée par le Premier ministre a d’ores et déjà eu lieu, sur ce sujet, à Matignon la semaine passée.

Enfin, la question du « seuil critique » des exploitations françaises doit, pour la ministre, être évoquée, en dépit des atouts du modèle familial, pour retrouver de la compétitivité « face aux exploitations roumaines polonaises ou même allemandes ». Le travail mené sur la simplification, le décret ICPE, ou encore le projet de loi DDADUE doit permettre d’avancer en ce sens.

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