Glyphosate Vers une interdiction totale d’ici mi-2022... ou pas

Arnaud Carpon, avec AFP Terre-net Média

[Mise à jour à 12h20] Ce lundi 25 septembre 2017, Christophe Castaner, porte-parole du Gouvernement, a d'abord indiqué que l’usage du glyphosate serait interdit d’ici la fin du mandat présidentiel d’Emmanuel Macron, en précisant qu’une partie des 5 milliards d’euros d’investissements promis par le président seraient consacrés à la recherche d’alternatives. Mais plus tard dans la matinée, il a tempéré ses propos en expliquant que « le gouvernement s'engageait à obtenir des progrès significatifs pour tous les pesticides ».

Le Gouvernement multiplie les déclarations envisageant une interdiction du glyphosate en agriculture d'ici la fin du mandat présidentiel d'Emmanuel Macron. Le Gouvernement multiplie les déclarations envisageant une interdiction du glyphosate en agriculture dans moins de 10 ans. (©Terre-net Média)

[Mise à jour à 12h20] C'est ce qui s'appelle un « couac de communication » : au micro de RMC peu avant 9 h ce lundi 25 septembre, Christophe Castaner, porte-parole du Gouvernement, a indiqué que l’usage agricole du glyphosate serait interdit d’ici la fin du mandat présidentiel d’ Emmanuel Macron, soit d’ici mi-2022.

Dans un communiqué publié dans la foulée, Matignon explique qu’Edouard Philippe a demandé aux ministères de l'agriculture et de la transition écologique de lui présenter - avant la fin de l'année et en fonction des conclusions des états généraux de l'alimentation - les conditions d'un plan de sortie du glyphosate pour l'usage agricole.

« Le gouvernement arrêtera alors sa position, qu'il confrontera à celles de la Commission européenne et des autres Etats membres, pour trouver les conditions d'une transition raisonnable vers la sortie du glyphosate », précisent les services du Premier ministre dans ce communiqué. « Le gouvernement réaffirme son engagement d'obtenir avant la fin du quinquennat des progrès significatifs vers l'interdiction de l'usage des substances dangereuses et vers une agriculture moins dépendante aux pesticides », assure encore Matignon dans son communiqué.

Autrement dit, Christophe Castaner s'est un peu emballé au micro de la radio. Rectifiant ses propos un peu plus tard dans la matinée, le porte-parole du Gouvernement confirme que, « avant la fin du quinquennat, le gouvernement s'engage à obtenir des progrès significatifs pour tous les pesticides ».

Le communiqué de Matignon rappelle l'opposition de la France à la proposition de la Commission de réautoriser le glyphosate dans l'Union européenne pour 10 ans. « C'est une durée trop longue compte tenu des incertitudes qui subsistent sur ce produit et la France votera contre cette proposition, comme elle l'a clairement indiqué dès le mois de juillet », indique Matignon.

Une partie des 5 Mds€ pour la recherche d'alternatives

Le ministre de l'agriculture Stéphane Travert avait suggéré vendredi que la France propose de prolonger de « cinq à sept ans » l'autorisation de l'usage du désherbant controversé au sein de l'UE, au lieu des dix ans souhaités par la Commission.

Dans une interview au quotidien Ouest France samedi, le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a affirmé que « la justice et l'Histoire nous rattraperont » si rien n'est fait pour remédier au problème phytosanitaire . « Au prétexte que c'est compliqué, doit-on continuer à mettre le sujet sous la table ? », a-t-il demandé.

Par ailleurs, le grand plan d’investissement quinquennal, qu’Edouard Philippe doit présenter dans la matinée, sera de 56,3 Mds€, dont 5 Mds€ « pour la modernisation des pratiques agricoles  ». Une partie de ces 5 Mds€ seront consacrés à la recherche d’alternatives au glyphosate, a précisé Christophe Castaner au micro de RMC et BFMTV.

Ces différentes déclarations confirment les vélléités de l’Exécutif à interdire le glyphosate d’ici cinq ans.

Les premiers propos de Christophe Castaner:


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