Installation La méthode « PQOQQCC » pour mener à bien son projet

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Pourquoi, Qui, Où, Quand, Quoi, Combien et Comment ? En répondant à chacune de ces questions, le jeune qui veut s’installer en agriculture balise son projet et maximise ses chances de réussite.

Pour mener à bien son projet d'installation, un jeune doit se poser - et répondre à - au moins 7 questions essentielles.Pour mener à bien son projet d'installation, un jeune doit se poser - et répondre à - au moins 7 questions essentielles. (©AgirAgri)

Préparer son installation, c’est entrer dans un processus de « gestion de projet ». En entreprise, cette notion recouvre l’ensemble des activités visant à organiser la bonne mise en place d’un projet et à en atteindre les objectifs. Pour y parvenir, une méthode de résolution des problèmes est utilisée, celle du « PQOQQCC » : Pourquoi ? Qui ? Où ? Quand ? Quoi ? Combien ? Comment ?

En agriculture aussi, elle permet de structurer son raisonnement et de cheminer jusqu’à l’installation étape par étape, sans rien oublier d’essentiel. Le processus de réflexion doit être entamé au moins 18 mois à l’avance et dès le premier jour, le porteur de projet doit adopter une démarche proactive et avoir à l’esprit toutes les questions auxquelles il devra répondre, en essayant d’être exhaustif. La montagne à gravir peut paraître insurmontable. Mais, en découpant le sujet par thématique, le chemin est plus aisé.

Pourquoi ?

Quelle est la finalité de mon projet ? En quoi c’est important pour moi ? Ce « pourquoi » paraît superflu. Pourtant, il est essentiel : il faut être bien au clair sur ses ambitions et son projet professionnel autant que personnel, les deux étant très imbriqués en agriculture. Il faut essayer de formuler des objectifs à atteindre, pour mieux identifier toutes les questions à se poser aux étapes suivantes.

Cela passe notamment par une analyse de ses forces et de ses faiblesses. Par exemple, suis-je suffisamment formé ? La réponse à cette question contribuera à construire le plan de professionnalisation personnalisé (PPP), dispositif accessible à l’ensemble des porteurs de projets, qu’ils soient demandeurs d’aides à l’installation ou non. Son objectif est de mesurer les écarts de compétences pour construire un parcours personnalisé de formation et d’expériences professionnelles adapté au projet.

Qui ?

Est-ce que je m’installe seul, avec une ou plusieurs autres personnes ? Est-ce un membre de la famille, un tiers ? C’est la dimension humaine qu’il faut ici interroger. Il faut savoir « apprécier » la compatibilité avec l’autre au sens évaluer, mais aussi pour bénéficier des différences. Il est important de vérifier si le « pourquoi » est commun, avoir la même ambition.

La question du « qui » pose aussi celle des partenaires commerciaux avec lesquels on s’engagera : vais-je adhérer à une structure coopérative ou ai-je plutôt une logique indépendante ? Les besoins en investissement (stockage, transformation…) seront différents.

Où ?

La notion d’espace permet de mesurer les atouts et les contraintes des lieux où se situent les bâtiments en place : à proximité d’une zone de clientèle potentielle, proche d’un réseau de distribution… C’est aussi à cette étape que l’on veillera à la correspondance entre la production projetée et la qualité des sols, que l’on vérifiera la présence ou non d’une zone de captage ou de l’irrigation, etc.

Quand ?

Très vite se pose la question de l’incompressible planning administratif : le délai pour la signature du compromis, celui pour diligenter les divers diagnostics, demander l’autorisation en CDOA, obtenir des financements, réaliser des actes notariés comme les baux ou encore valider l’obtention des aides. En parallèle, si le cédant part à la retraite, il faut tenir compte de ses propres délais. Le cabinet conseil du futur installé doit l’aider à harmoniser ces démarches. Puis le projet peut entrer dans sa phase opérationnelle.

Quoi ?

De quoi est composée ma reprise ? Ici se pose la question de la qualité des biens repris par rapport au projet envisagé. Les terres ont-elles besoin d’être drainées ? Les tracteurs sont-ils adaptés ? Le cheptel est-il productif ? Y a-t-il des capacités de stockage ? Les droits à paiement ont-ils été activés… Il ressort de cette étape un plan d’investissement à construire avec son cabinet conseil sur plusieurs années. Il sera demandé dans le cadre des études prévisionnelles nécessaires pour formuler une demande d’aides à l’installation.

Combien ?

Evaluer le montant de la reprise est évidemment une étape primordiale. Il faut distinguer trois types d’investissement. Le financement de la structure reprise, le volume global des investissements complémentaires à prévoir (matériel supplémentaire…) et, à ne surtout pas oublier, les besoins en trésorerie pour fonctionner les premières années. Cette étape doit être discuter avec son expert-comptable pour évaluer quels moyens peuvent être mis en place (aides à l’installation, apport personnel, capacité d’emprunt, donation…) et calculer la durée de financement la mieux adaptée.

Comment ?

Est-ce que je rachète des actifs ou des parts sociales ? Est-ce que je m’installe en individuel ou en société, seul ou avec d’autres ? En fonction des réponses en découlera un cadre juridique qui sera choisi pour maximiser le revenu disponible de celui qui s’installe. Le cadre juridique s’adapte au projet et non l’inverse. Il doit être posé à la fin. Aucune formule magique n’existe, c’est au futur installé, en fonction de ses besoins (prélèvements privés…) et de ses objectifs (limiter les prélèvements sociaux…) de choisir la formule qui lui convient le mieux et qu’il pourra faire évoluer au fur-et-à-mesure de la vie de son entreprise.

DDT(M), chambre d’agriculture, notaire, avocat, juriste, banquier : tous les partenaires sont importants à l’une ou l’autre de ces étapes. Pour contribuer à la réussite du projet, le rôle de l’expert-comptable ou de l’expert-conseil est d’être le lien entre ces spécialistes, le copilote au côté du jeune qui s’installe.

Auteur : Eric Quineau, directeur associé du cabinet Fiteco, membre d’AgirAgri.

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AgirAgri rassemble des cabinets d’expertise comptable et d’avocats indépendants, présents sur toute la France avec plus de 3 000 collaborateurs dont près des 2/3 spécialisés en agriculture et viticulture. Leur objectif : accompagner les chefs d’exploitation dans leur stratégie d’entreprise. Pour les y aider, le groupement propose les meilleures compétences réunies, des outils inédits et des partenariats innovants. A retrouver sur www.agiragri.com


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