Bilan de campagne betteraves Des coûts de production tout juste couverts encore cette année

Terre-net Média

Le rendement 2015 sera inférieur à la moyenne cinq ans avec 87 tonnes par hectare (à 16°). Avec une diminution des surfaces de 5 %, le volume de production atteindra 32,9 millions de tonnes contre plus de 37 l’an dernier. La durée moyenne de fabrication du sucre devrait se limiter à 100 jours, avec un impact direct sur les coûts de fabrication du sucre et le revenu des planteurs.

Avaleur à betteraves.La tare terre reste limitée à 8,3 % pour 70 % de betteraves déterrées. (©CGB)

Alain Jeanroy, directeur de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), commente les grands indicateurs de la campagne 2015. « Les betteraves ont été semées au 17 mars en moyenne, en avance de cinq jours par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Des semis de plus en plus précoces qui augmentent la période de végétation, au profit du rendement. » La culture n’a, par contre, pas échappé aux aléas climatiques de l’année. « Le manque d’ensoleillement en juin et la sécheresse persistante ont entamé le potentiel de départ dans de nombreux secteurs. Le rendement racine est estimé à 73 t/ha à 18° de richesse, contre 83 t/ha à 17,5° l’année dernière. Une moyenne qui masque de grandes variations, de 60 à 87 t/ha selon les régions. » Le rendement moyen national à 16° est prévu à 87 t/ha, contre 93 t/ha l’année dernière et 89 t/ha pour la moyenne quinquennale.

Campagne de fabrication inférieure à 100 jours

Les surfaces 2015 ont été ajustées à la baisse d’environ 5 %, à 382 858 ha, pour prendre en compte la récolte record de 2014 qui, malgré l’augmentation de la quantité d’éthanol produite, a conduit à reporter 194 000 tonnes de sucre sur 2015. La production se limitera par conséquent cette année à 32,9 Mt, contre 37,5 Mt en 2014 (- 12 %). Autre conséquence, la durée de fabrication pour les usines est prévue à seulement 96 jours. « C’est une mauvaise nouvelle pour les coûts de fabrication du sucre, quand on sait l’impact très important que cela a sur le niveau des frais fixes des usines. » 

Un supplément de prix de l’ordre de 7 €/t a été encore versé en mars 2015 pour solder les betteraves de la récolte 2013. Mais du fait de la poursuite de la baisse du prix du sucre dans l’Union européenne, aucun supplément de prix ne sera versé en mars 2016 pour les betteraves 2014. « Le revenu de la campagne betteravière 2014-15 sera donc en forte baisse du fait que le prix de la betterave du quota sera ramené au prix minimum garanti sans supplément de prix, mais aussi compte tenu du prix des betteraves hors quota, que ce soit pour les débouchés éthanol, industrie chimique ou export qui sera également en baisse. » Le prix moyen de la betterave récoltée en 2014 atteint 23-24 €/t. La recette pulpe, elle, se limite à 1,5 €/t.

Un revenu en chute libre

« À ce niveau, les coûts de production de la betterave ne sont pas couverts », déplore le directeur. La CGB a en effet conduit une étude sur la base des données des CER sur les coûts de production de la betterave. Il en ressort un coût moyen de production de 25,5 €/t de betteraves, soit 173 € par tonne de sucre, sur la base du rendement moyen 5 ans de 89 t/ha. « À noter que ce coût de production ne prend que partiellement en compte le revenu du chef d’entreprise, en le considérant à 1,5 fois le Smic, ni les rémunérations du capital investi. »

Pour 2015, malheureusement aucune amélioration du prix de la betterave du quota n’est à attendre, ni de la recette pulpe, et le tout dans un contexte de rendement inférieur à la moyenne cinq ans. « Autrement dit, il faut s’attendre à une nouvelle détérioration de la recette betteravière et donc du revenu pour cette campagne 2015-2016. » Deux années qui vont en faire réfléchir plus d’un, a fortiori en mars de l’année prochaine et de la suivante en l’absence de versement de suppléments de prix… « Mais avant de remettre en question la culture, il faut se pencher sur ses coûts de production : matériel en propre, gestion de la fertilisation, densité de semis… », prévient Eric Lainé, président de la CGB. 


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