Jacques Mercier, agriculteur en Beauce « J’ai planté 70 ares de haies dans mes champs »

Terre-net Média

A la tête d’une exploitation de 271 ha en Beauce, Jacques Mercier a depuis longtemps intégré la biodiversité à son système de cultures. L’EARL d’Annemont compte 70 ares de haies, trois faunes sauvages et 26 ha de prairies permanentes comptées en SIE.

Jacques Mercier et ses ruches à ErcevilleJacques Mercier héberge depuis 15 ans les ruches d'un apiculteur sur son exploitation. (©Terre-net Média)

Depuis début 2015, 30 % des aides directes de la Pac concernent la diversification des cultures, le maintien de prairies permanentes et la préservation de 5 % de surfaces d’intérêt écologique (SIE). Mais bon nombre d’agriculteurs n’ont pas attendu la réglementation pour intégrer la biodiversité à leur système d’exploitation. C’est le cas de Jacques Mercier, chasseur et agriculteur dans le nord du Loiret.

Jacques a succédé à son père en 1989 sur l’exploitation familiale, située à Erceville. Aujourd’hui, l’EARL compte 271 hectares dont 55 ha de betteraves, 78 ha d’orge de printemps, 48 ha de blé dur, 31 ha de blé tendre améliorant, 13 ha de maïs grain et 12 ha de lentilles. Jacques Mercier vend sa récolte de céréales aux coopératives de Boisseaux et d’Eurobeauce, et sa production de betteraves au groupe Cristal Union.

Un peu avant les années 2000, la fédération des chasseurs propose aux agriculteurs loirétains de planter des haies dans leurs champs, moyennant une subvention de 1 000 francs par hectare pendant dix ans. Chasseur invétéré, amoureux de la nature, Jacques se lance. « Les perdrix grises, emblème de la Beauce, s’abritent dans les haies. Avec la vallée de la Juine à côté, l’idée de créer un bocage m’a plu », raconte l’agriculteur. Il plante alors plusieurs centaines de mètres de végétaux, parfois en doublant et en triplant les linéaires. Aujourd’hui, l’EARL compte 70 ares de haies, un réseau qui complète la présence de trois petits bois à proximité. Le réseau bocager abrite aussi plusieurs ruches qu’un apiculteur a installées depuis 15 ans.

Maïs, millet, fétuques dactyles

En parallèle, l’agriculteur décide d’aménager des jachères faunes sauvages sur 1,5 hectare de l’exploitation : trois larges bandes semées de maïs, de millet et de fétuques dactyles. « Les faunes sauvages servent à la nidification des perdrix et des faisans, et de garde-manger pour les lièvres et les chevreuils », explique-t-il. L’EARL a placé ses SIE sur 26 ha de parcelles situées à Court-Dimanche, dans l’Essonne ; des terres qui, éloignées du siège social, pouvaient engendrer des coûts de transport.

Dans la continuité de ces aménagements, Jacques Mercier a pris l’habitude de travailler avec la biodiversité. Lorsque, en 2003, il prend conscience qu’en broyant ses 150 ha de Cipans, il passait les lièvres et les faisans dans la machine, il se lance dans la construction d'une barre d’effarouchement. « J’ai récupéré de vielles chaînes qui servaient à attacher les vaches. J’accroche la barre à l’avant du tracteur, ainsi le bruit effraie les animaux avant le passage », explique l’agriculteur. Plusieurs nichoirs à chevêches, hiboux et faucons crécerelles ont été placés sur les murs des bâtiments. Jacques travaille avec l’association Hommes & territoires, qui réalise des comptages d’oiseaux sur son exploitation.


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