Maladies des céréales Le risque rouille et septoriose est conforme à la normale

Terre-net Média

Un hiver doux, un printemps humide, des semis précoces : toutes les conditions étaient réunies pour voir exploser les maladies des céréales au printemps 2016. Ce mois d’avril pourtant, la rouille est normalement présente dans les régions où elle est attendue. La propagation de la septoriose dépendra, elle, de la météo des jours à venir.

Les symptômes de la rouille jaune sur une feuille de bléLa rouille jaune est présente normalement dans les parcelles ce mois d'avril 2016. (©Terre-net Média)

La grande douceur et la quasi-absence de gel cet hiver ont laissé craindre une très forte présence des maladies des céréales ce printemps 2016. Ajoutez à cela des agriculteurs qui ont semé précocement des variétés à fort rendement mais qui restent relativement sensibles aux maladies : toutes les conditions étaient réunies pour un risque maximal. En janvier-février, rouille jaune, rouille brune et septoriose étaient bien présentes sur les feuilles les plus anciennes des blés, qui sont habituellement détruites par le froid. Pourtant, ce mois d’avril, les maladies sont normalement présentes dans les régions où elles sont attendues. Jean-Yves Maufras, expert des maladies chez Arvalis, est surpris que l’explosion attendue n’ait pas eu lieu.

« Dans le sud de la France, la rouille brune était présente normalement dès le stade 2 nœuds, et la plupart des agriculteurs ont déjà traité. Les températures aujourd’hui, supérieures à 20°C en journée sont optimales pour le champignon. Je m’attendais surtout cette année à beaucoup plus de rouille jaune, à l’image de 2014, où il avait fallu un traitement supplémentaire. Nous savons déjà que cette année sera plus classique, avec deux à trois applications », indique Jean-Yves Maufras. Pour expliquer cette pression plus faible qu'attendu, l'expert évoque l’hypothèse du manque d'humidité. « En 2015 déjà, nous avions prédit une explosion qui ne s’est pas produite. Pour expliquer cela, nous nous sommes appuyés sur le vent : alors qu'en France les vents dominants viennent de l'ouest, ils venaient l'an dernier principalement du nord et étaient plus frais et secs. Or les spores des rouilles ont besoin de rosée pour germer sur les feuilles. Il se peut que nous soyons dans la même configuration cette année. »

Septoriose : tout se joue dans les jours à venir

Pour la septoriose, maladie la plus fréquemment rencontrée sur blé tendre, tout va se jouer dans les jours à venir. L’inoculum est actuellement très présent sur les plantes, le risque est classique. « La septoriose se propage de feuilles en feuilles par effet splashing. Si dans les dix prochains jours la situation est pluvieuse, la maladie va monter avec la plante, si le temps est plus sec elle restera sur le bas et impactera moins le rendement », explique Jean-Yves Maufras. Quant au risque fusariose, il dépendra des conditions d'humidité en juin, au moment de la floraison des céréales.

Le spécialiste rappelle que limiter la précocité des semis, raisonner la densité, éviter la surfertilisation et choisir des variétés résistantes sont autant de leviers pour réduire le risque de propagation des maladies.


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