Combiner strip-till et semis de colza Olivier Morant : « Gagner en autonomie sans perdre en qualité d'implantation »

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Polyculteur dans la Marne, Olivier Morant boucle sa deuxième année d'utilisation du strip-till en colza et betterave. En plus du gain de temps, il apprécie la qualité d'enracinement des pivots des plantes et l'amélioration de la portance de ses sols.

Semis de colza et strip-tillLe 1er septembre, derrière le strip-till, le semoir Monosem dispose une graine de colza de la variété DK Exstorm tous les 6 cm avec un écartement de 50 cm pour un objectif de peuplement à 30 pieds/m². (©Terre-net Média)

Olivier Morant exploite 270 ha à Faux-Fresnay dans la Marne avec une rotation qu’il qualifie de « classique pour la Champagne-Ardenne » : blé, orges de printemps et d’hiver, colza, betteraves, luzerne pour la déshydratation, vesces porte-graines, miscanthus, pommes de terre en sous-traitance et maïs grain en zone de tourbe. 

Olivier MorantOlivier Morant en est à sa 4e
utilisation du combiné strip-till
semoir. (©Terre-net Média)

En 2007, quand il s'agit de remplacer le semoir à céréales, l'outil rapide à disques est l'option retenue. « C’est ce changement qui a initié la conversion aux Tcs, jusqu’à l’achat d’un strip-till il y a trois ans, en même temps qu’un semoir de précision pour le colza et les betteraves. » L’arrivée des variétés hybrides en colza a poussé Olivier Morant vers le monograine. « Vu le coût de la semence et la non-valorisation des densités élevées, le semis de précision est rentable en colza. Et puis, il sécurise l’implantation. Au niveau travail du sol, je voulais surtout gagner en autonomie en m’affranchissant du trio labour-rappui-semis, gourmand en main-d’œuvre. » Une économie de carburant s’ajoute à celle de temps de travail. Enfin, « alors que le strip-till se comporterait mieux sans, je conserve un passage de déchaumeur après avoir épandu des fientes de poules histoire d’incorporer la matière organique et surtout de mélanger les pailles pour disperser les souris. »

Graine de colzaLa graine est positionnée dans la raie de semis
fraîchement travaillée. (©Terre-net Média)

TROUVER LA FRAÎCHEUR

D’un point de vue agronomique, le strip-till combiné au semis permet d’aller chercher la fraîcheur, « qui manque souvent dans notre région, au moment de semer le colza ». A l’inverse, en betterave, la combinaison des deux n’est pas pertinente. Au moment des semis, l’état des sols impose de laisser la terre se ressuyer après l’ouverture du sillon et avant d’y déposer la semence. « J’observe également une amélioration de la portance de mes parcelles, tout en assurant la qualité du pivot de la plante, et une meilleure préservation de la vie du sol. » Quant à pousser la démarche encore plus loin, l’agriculteur évoque l’obstacle que représente la culture de la betterave. « Je pourrais semer en direct pendant deux-trois ans, mais tous mes efforts seraient réduits à néant à chaque retour des betteraves. Les allers et venues des arracheuses et des bennes à la récolte sont destructeurs. »

Eviter les levées d'adventices

Concernant le matériel, Olivier Morant a choisi un outil d’occasion de la marque Duro France, parce qu’il pouvait le combiner au Monosem, contrairement à d’autres marques, même s’il le trouve moins performant au niveau de l’inter-rang. « L’objectif est de conserver au maximum l’inter-rang intact pour éviter les levées d’adventices. » Il évoque la possibilité de monter un disque de part et d’autre de la dent pour éviter les projections de terre, mais le devis s’élève à 16.000 euros… « La diversité de mon assolement me permet cependant d’éviter la succession de céréales à paille et m’épargne le problème de graminées résistantes. L’adoption des techniques culturales simplifiées m’incite tout de même à rester vigilant vis-à-vis des adventices. J’alterne les matières actives herbicides, j’élimine les graminées dans le colza et la luzerne… »

Combiné strip-till semoirLe guidage Rtk s'impose en strip-till, au moins pour la betterave. (©Terre-net Média)

Olivier Morant se guide au Rtk, « indispensable pour les betteraves derrière strip-till ». Il sème à 8 km/h en huit rangs. « Semer en six ou douze rangs semblerait plus logique vu que je récolte les betteraves en six mais la précision du guidage m’autorise cet écart. »

A l’avenir, Olivier Morant espère en plus combiner la localisation de l’engrais et celle de l’herbicide, pour quatre actions en un seul passage, mais alors qu’il en est à sa quatrième utilisation seulement, il avoue avoir déjà besoin de se faire la main au niveau travail du sol avant toute nouvelle évolution.


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