Le 12 novembre 2025, Bruno Mauduyt, le directeur général de Lunor, et Antoine Declercq, le président de sa maison-mère, la coopérative normande NatUp, n’ont pas eu de mal à convaincre une belle assemblée de responsables politiques locaux et de salariés à les rejoindre pour un événement convivial. Ensemble, ils ont inauguré le tout nouvel atelier de production de frites fraîches précuites de leur usine de Luneray, en Seine-Maritime.
Le site créé en 1971 par un groupe de producteurs de plants à la recherche d’un moyen de valoriser les petites pommes de terre issues de leurs écarts de tri apporte ainsi un débouché de plus aux agriculteurs locaux. Étonnamment, la genèse de cette nouvelle initiative n’est pas sans rappeler celle qui, cinquante ans plus tôt, avait conduit cette usine sur le chemin du succès. De la même façon, qu’à l’époque, ses fabrications de légumes précuits étaient issues d’expérimentations d’agriculteurs en pelage et en cuisson sous vide de pommes de terre, la nouvelle installation s’appuie sur des procédés mis au point par le producteur Ludovic Lucas.
Après avoir lu un article dans la revue La Pomme de terre française en 2014, ce dernier s’était lancé dans de nombreux essais. Il avait ensuite installé un premier atelier artisanal sur son exploitation d’Ancretiéville-Saint-Victor (Seine-Maritime). En 2024, il a conclu un partenariat avec Lunor et permis ainsi à son projet de bénéficier du savoir-faire industriel et des capacités commerciales de ce spécialiste des légumes précuits. La nouvelle infrastructure dimensionnée pour produire 2 000 t de frites dès la première année et 6 000 t, à terme, a nécessité un investissement d’un montant de 6 M€. Elle a permis d’embaucher une équipe de 15 personnes.
Des pommes de terre, de l’huile et du sel
La recette des frites fraîches précuites de Lunor se veut la plus simple, la plus naturelle et la plus locale possible. Les seuls ingrédients sont des pommes de terre, de l’huile de tournesol et un peu de sel. « En général, pour préparer des frites, il faut prévoir deux bains d’huile. Nous assurons le premier », résume Bruno Mauduyt. Les tubercules cultivés par des adhérents de la coopérative sont principalement issus de la variété Nazca. Cette dernière a été obtenue en 2009, tout près de là, par la station Sipre de Bretteville. Elle est commercialisée par la Siac, située à peine plus loin à Yvetot.
Une fois réceptionnées et triées, les pommes de terre sont lavées, inspectées, débitées puis cuites. L’atelier, qui fonctionne déjà sur un rythme de 2 x 8 heures, est prévu pour monter en 3 x 8 rapidement. Une immense friteuse remplie de 3,5 t d’huile de tournesol et chauffée au gaz, les porte à 170 °C. Elle est capable de traiter 1 à 2 t/h. À sa sortie, un trieur optique vérifie que chaque frite est conforme. Celles-ci sont ensuite ensachées sous atmosphère contrôlée puis diffusées vers les rayons frais des différentes enseignes de la grande distribution. Le produit, assorti d’une date limite de consommation de 21 jours, est prévu pour rester 14 jours en magasin. Il s’adresse à deux types de clientèle : la restauration collective, qui a du mal à s’entourer de main-d’œuvre pour éplucher des pommes de terre, et les particuliers heureux de trouver une solution simple de préparation de frites à la maison. Il est déjà proposé à un tarif de l’ordre de 3,20 € le sachet de 600 g. Le client peut le consommer après un passage en friteuse ou 15 à 20 minutes au four ou à l’airfryer.