Incendie fixé en Gironde
Les surfaces brûlées revues à 3 400 hectares

Après trois jours et autant de nuits de lutte, les pompiers sont parvenus à fixer, jeudi, l'incendie qui s'était déclaré lundi à Saumos, en Gironde, département déjà marqué par trois gigantesques feux cet été dans un contexte de sécheresse historique.

La surface de l'incendie a été « réévaluée » légèrement à la baisse, a annoncé jeudi après-midi le sous-préfet de Lesparre-Médoc, Fabrice Thibier, lors d'un point-presse. « On est à 3 400 hectares de brûlés (contre 3 720 hectares estimés jusqu'ici, NDLR), on est sur un feu stabilisé, qui reste dans les limites qui sont celles qu'on lui connaît depuis plus de 24 heures, ce qui nous permet de le déclarer fixé. » Sur place, « la situation est favorable parce que la météo est bien meilleure », a expliqué le colonel des pompiers de Gironde Charles Lafourcade.

« Un vent d'ouest fort a apporté de l'humidité », avec un taux d'humidité de l'air « supérieur à 50 % » tout au long de la journée de jeudi. Pour vendredi, « on a les mêmes prévisions, donc le feu ne devrait pas bouger. On a des moyens aériens et au sol qui tiennent ce périmètre », a assuré Charles Lafourcade, estimant que le feu sera « maîtrisé », c'est-à-dire sous contrôle et sans flammes importantes, d'ici « quelques jours ».

La quasi-totalité des 1 840 personnes évacuées depuis lundi dans les communes de Saumos et Saint-Hélène, dans le sud du Médoc entre Lacanau, sur la côte Atlantique, et l'agglomération bordelaise, ont regagner leur domicile « dès 18h00 » jeudi, ont indiqué les autorités. Seule une cinquantaine d'habitants, dont les maisons sont situées dans le périmètre de la forêt brûlée, devront encore patienter, ont précisé les pompiers aux côtés du maire de Saint-Hélène, Lionel Montillaud.

« Beaucoup de prudence » encore

« On est quand même en risque feu de forêt orange dans le département, » a rappelé le sous-préfet Fabrice Thibier. « On réintègre mais avec beaucoup de prudence. On est un peu encore dans la crise puisque le feu n'est pas encore déclaré éteint ». La zone qui a brulé restera interdite d'accès jusqu'à nouvel ordre, pour laisser notamment 700 pompiers et la Défense des forêts contre les incendies (DFCI) abattre des arbres endommagés et arroser les parcelles brûlées.

Après avoir fortement progressé pendant 36 heures depuis lundi, le feu avait ralenti sa course depuis mercredi, freiné quotidiennement par l'action d'un millier de sapeurs-pompiers aidés par la DFCI, six Canadair, trois avions Dash et deux hélicoptères bombardiers d'eau. Dans la nuit de mercredi à jeudi, selon l'observatoire régional de l'air Atmo Nouvelle-Aquitaine, « un nouveau vent, venu d'ouest, a dirigé le panache de fumée directement vers l'agglomération bordelaise », et « le département doit s'attendre à un dépassement du seuil réglementaire des particules en suspension » jeudi et vendredi. Les odeurs de bois brûlé étaient encore présentes dans l'air de Bordeaux jeudi après-midi.

Ce feu est le quatrième d'ampleur en Gironde au cours de l'été 2022. Près de 30 000 hectares avaient déjà brûlé depuis juillet lors de trois gigantesques incendies, à La Teste-de-Buch et Landiras à deux reprises, dans un contexte de sécheresse historique. En Charente, plusieurs foyers, toujours actifs, ont ravagé des forêts de pins et de feuillus de trois communes situées à une trentaine de kilomètres au sud d'Angoulême, mobilisant quatre Canadair, trois Dash et deux hélicoptères et près de 580 sapeurs-pompiers, a indiqué la préfecture dans un communiqué jeudi soir. Dans la zone, les autorités ont recensé un total de 16 départs de feu dans la journée, entraînant ce que le journal régional La Charente Libre décrit à ce stade comme « le plus gros incendie qu'ait connu la Charente dans son histoire ».

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