Bretagne Des Faucheurs volontaires occupent un centre de stockage de phytosanitaires

AFP

Une centaine de Faucheurs volontaires ont occupé lundi matin à Glomel (Côtes d'Armor) un centre de stockage d'engrais et de phytosanitaires de la coopérative Triskalia pour dénoncer leurs effets sur la santé et demander l'arrêt de leur commercialisation, a-t-on appris auprès des organisateurs.

Sur ce site classé Seveso « seuil haut », l'objectif était de dénoncer la vente des produits phytosanitaires par la coopérative, des « produits chimiques nuisibles à l'environnement, à la santé des travailleurs, des paysans et des consommateurs », ont expliqué dans un communiqué les Faucheurs volontaires qui ont présenté leur action comme une « visite citoyenne ».

« Les garanties offertes par les conditions de travail ne sont pas suffisantes pour préserver la santé des salariés », poursuit le communiqué, faisant état de 10 salariés de ce centre malades, dont « cinq sont décédés ».

Une trentaine de salariés ont été accueillis à leur arrivée lundi matin par les manifestants, sur place vers 6 h, et venus principalement de Bretagne et du Sud-Ouest. « Nous leur avons expliqué les motifs de notre présence et les risques pour leur santé », a expliqué à l'AFP Claude Bonnin, l'un des participants. Des slogans ont également été tagués sur le sol ou les murs de l'entrepôt visité, comme « Round up = cancer ».

Commercialisé depuis 40 ans par Monsanto qui vient d'être condamné en justice aux Etats-Unis à indemniser un jardinier atteint d'un cancer, le Round up est l'un des herbicides les plus utilisés au monde. Parmi les autres slogans, on pouvait lire « Empoisonneurs » ou « Solidarité avec les empoisonnés de Triskalia ».

Un groupe s'est également rendu à Rostrenen, une commune voisine, pour y rencontrer des élus. Il s'agissait de les alerter « sur les conditions de travail des salariés et les effets du modèle agricole breton », gros consommateur de produits phytosanitaires, a précisé Claude Bonnin.

Les Faucheurs volontaires exigent que le gouvernement mette en place un moratoire sur les semis VRTH (Variétés de semences Rendues Tolérantes aux Herbicides) à venir (colza et tournesol), reconnues comme OGM par la cour de justice européenne le 25 juillet. Ils demandent aussi à la direction de Triskalia de prendre « immédiatement des mesures afin d'arrêter la commercialisation de ces produits ».

Avec un chiffre d'affaires de 1,9 milliard en 2016, Triskalia emploie 4 800 salariés et compte 16 000 agriculteurs adhérents, selon son site internet. Les Faucheurs volontaires se sont fait notamment connaître depuis les années 2000 dans leur lutte contre les cultures d'OGM en plein champ.


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