MSA Face à la détresse agricole, une cellule d'écoute « renforcée »

AFP

La permanence de prévention du suicide des agriculteurs a été « renforcée », compte tenu de l'augmentation du nombre d'appels au secours, conséquence de la crise qui frappe le monde paysan, a annoncé mardi la MSA.

En lieu et place des bénévoles qui officiaient jusqu'à présent sur le numéro vert Agri'Ecoute, 900 psychologues cliniciens seront désormais mobilisés, dont 25 personnes spécifiquement dédiées à la plateforme téléphonique, sur cette ligne ouverte 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.

« Depuis fin 2014, nous avons remarqué une augmentation constante du nombre d'appels, entre 90 appels par mois la première année en 2015, jusqu'à 150/180 appels en 2016 et jusqu'à plus de 300 appels par mois en 2017 », déclare dans une vidéo mise en ligne par la MSA le docteur Véronique Maeght-Lenormand, médecin du travail, conseiller technique national de la Caisse centrale de la MSA (CCMSA), et pilote du plan national de prévention du suicide. En ce qui concerne les appels effectivement « traités » par la cellule d'écoute, la MSA relève 794 appels en 2015, 1 454 en 2016 et autant ou presque sur les trois derniers trimestres de 2017. 

A compter de ce mois, le numéro permet à tout agriculteur, exploitant ou salarié, en difficulté d'appeler « pour avoir une écoute active assurée par des professionnels, des psychologues cliniciens, qui vont les aider à gérer la crise ».

A l'initiative d'Agri'Ecoute, les agriculteurs en détresse pourront aussi, en cas d'urgence, éventuellement être contactés par des pompiers, le Samu si besoin, et mis en lien avec les cellules de prévention MSA.

« Ce sont principalement les hommes, 3/4 d'hommes pour 1/4 de femmes », déclare Véronique Maeght-Lenormand, qui cite également les filières d'élevage bovin, qu'elles produisent du lait ou de la viande, comme les plus fragilisées. En ce qui concerne les régions « plus à risque », Véronique Maeght-Lenormand évoque les Hauts-de-France, la Bretagne, Franche-Comté/Bourgogne et Auvergne/Rhône-Alpes. Au premier rang des facteurs de stress des appelants, la MSA a notamment répertorié les soucis financiers et problèmes de trésorerie, la pression des réglementations agricoles ou encore l'effet des crises agricoles (économique, sanitaire, climatique).

Ce dispositif permet désormais à l'appelant de contacter à plusieurs reprises le même psychologue « pour avoir un suivi personnalisé », explique aussi Véronique Maeght-Lenormand. S'il est d'accord pour un suivi plus approfondi, « le psychologue lui propose de lever l'anonymat et la confidentialité et de le mettre en relation avec les référents de nos cellules MSA », ajoute-t-elle. Ce renforcement de la cellule d'écoute s'accompagne d'une campagne de communication nationale, en cours jusqu'au 30 avril prochain. Elle cible principalement l'entourage proche, personnel et professionnel, des agriculteurs potentiellement concernés, pour les inciter à appeler ce numéro en cas de besoin.


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