Nord Grève des salariés Cargill contre la suppression de la moitié des effectifs

AFP

Les salariés de l'usine de Haubourdin (Nord) de Cargill, géant américain du négoce et de la transformation des matières premières agricoles, ont voté lundi une « grève illimitée », réclamant le retrait du plan de suppression de plus de la moitié des effectifs, selon la CGT. [Article modifié à 18h15]

Selon Dorian Vallois, délégué CGT, l'usine est à l'arrêt depuis lundi matin et rien n'en sort. « Environ 150 personnes présentes devant le site ont voté pour une grève illimitée, et certains vont dormir sur le site cette nuit », a-t-il rapporté à l'AFP. Selon lui, les « 12 jours de grève du zèle » qui ont suivi l'annonce du PSE fin novembre ont entraîné une diminution de la production de « deux-tiers » par rapport à décembre 2018.

Le site de Haubourdin près de Lille emploie 315 personnes et transforme depuis 1920 du maïs, en provenance essentiellement du sud de la France et du sud de l'Europe. L'entreprise veut abandonner l'activité d'extraction d'amidon, qu'elle dit être déficitaire, supprimant 183 emplois. Elle veut se « repositionner » sur la deuxième activité du site, la transformation de l'amidon en ingrédient industriel de spécialité pour la pharmacie et l'alimentation infantile, en créant 19 postes.

« On craint une fermeture en deux temps », a réagi auprès de l'AFP Jean-Vincent Koster, expert-comptable du cabinet Progexa mandaté par le CSE, affirmant que le résultat net du site pour le dernier exercice clos, 2018-2019, s'élevait à 3,8 millions d'euros. « Il y a probablement en coulisse une opération de relocalisation », estime Me Fiodor Rilov, avocat des salariés, qui compte saisir en référé le tribunal judiciaire de Lille pour obtenir des documents, notamment sur les prix de transferts du groupe, réclamés à la direction.

Selon la direction, « non », il n'y aura pas de nouveau projet de fermeture dans quelques années, « sauf si on nous empêche de mettre en œuvre ce projet ». « On est déterminé à 100 % à faire de ce projet une réalité », a affirmé auprès de l'AFP la direction, soulignant par ailleurs les « avancées substantielles » des négociations, sur les indemnités de licenciement et les congés de reclassement notamment. Une première « grève du zèle » avait suivi l'annonce du PSE fin novembre, entraînant une diminution de la production de « deux-tiers » par rapport à décembre 2018, selon la CGT. La direction confirme une baisse, sans la chiffrer.

La prochaine réunion du PSE aura lieu le 23 janvier et le PSE doit être clôturé le 27 février. Les premiers licenciements auraient lieu dès juillet, selon la CGT.


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