Prospective Il n’est pas exclu de revoir des prix agricoles durablement faibles !

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Un certain nombre de facteurs économiques, sociologiques et scientifiques remettent en cause l’idée que les prix agricoles seraient durablement élevés.

Céréales dans une péniche Une baisse des prix agricoles est-elle possible ? (©Terre-net Média)Des voix d'ordinaire dissonantes par rapport au discours actuel ont récemment indiqué que le niveau élevé des prix des produits agricoles ne serait pas durable. Selon Thierry Pouch, économiste à l’Apca (Chambres d’agriculture), certains indicateurs pourraient en effet laisser penser qu’un retournement des marchés est tout à fait envisageable. Ce ne serait plus ainsi la perspective d’avoir à nourrir plus de 9 milliards d’hommes d’ici 2050 et même 11 milliards en 2100 qui serait déterminante sur les prix agricoles mais le taux de croissance de la population vieillissante, avec des besoins réduits compte tenu de son âge.

Et si ce taux de croissance est plus faible que le taux de productivité, la production agricole serait suffisante pour faire face au défi démographique.

Par ailleurs, la réduction des gaspillages alimentaires grâce à des infrastructures de stockage et d’acheminement améliorées ainsi que les réserves de progrès techniques et scientifiques sous-estimés constituent autant de facteurs favorables pour accroître l’offre de produits agricoles au niveau mondial et pour compenser les risques climatiques.

Enfin, la conjoncture économique mondiale pourrait ne plus être aussi favorable qu’elle ne l’est aujourd’hui pour les pays émergents. Tout porte à croire surtout que les Etats-Unis vont revoir leur politique monétaire dans les prochains mois. Or, en injectant jusqu’à 85 milliards de dollars par mois sur les marchés financiers, celle-ci soutient depuis quelques années l’activité mondiale avec l’apparition de bulles d’investissements.

Une offre agricole plus importante que la demande ?

Dans ces conditions, la consommation de produits agricoles et le changement de régime alimentaire à base de produits carnés ralentiraient. Et face à une offre agricole plus importante, il se peut que les prix exprimés en dollars diminuent. Cette hypothèse serait caduque si la production agricole ne progresse pas entre-temps évidemment.

Ce courant de pensée en faveur d’une baisse des prix agricoles contredit les scénarios exposés depuis le tournant pris par les marchés agricoles en 2007. La croissance de la population mondiale, le boom économique des pays émergents et la multiplication des accidents climatiques ont mis fin à une période pendant laquelle les prix étaient structurellement bas. Toutes les études économiques réalisées depuis quelques années s’inscrivent dans cette logique.

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