Projet stratégique 2025 by Invivo Le groupe coopératif Invivo poursuit sa stratégie d'acquisition

Florian Cazeres Terre-net Média

Trois ans après la publication de son projet stratégique 2025 by Invivo, l'union de coopératives procède à une série de rachats et investissements. Le but : devenir un géant de l'agroalimentaire mondial.

InvivoThierry Blandinières, directeur général, et des membres du Comité exécutif d'Invivo.(©Compte Twitter @InvivoGroup)

« Accélérer la transformation ». Tel a été le leitmotiv de la Convention annuelle d'Invivo, qui s'est déroulée mardi 19 décembre à Paris.

Lors d'une conférence de presse organisée en marge de l'évènement, Thierry Blandinières, directeur général du groupe, a fait le point sur les avancées d'Invivo vis-à-vis de ses objectifs de croissance. « Il y a encore du travail, mais nous avons beaucoup avancé en trois ans », a-t-il indiqué.

Dans le plan 2025 by Invivo, publié en 2014, l'entreprise s'était fixé pour objectif de doubler sa taille en dix ans, afin de pouvoir rivaliser avec les géants mondiaux de l'agroalimentaire. Cette transformation devait passer par une réorganisation. L'union de coopérative a créé une holding pivot nommée Invivo group, distincte de son activité historique, et composée de quatre grands pôles liés aux différentes activités du groupe : Bioline by Invivo (semences, phytosanitaires, conseil), Néovia (innovation, recherche et développement), Invivo Retail (jardinerie, animalerie), et Invivo Wine (vins).

Des acquisitions tous azimuts

Pour grossir, Invivo s'est également lancé dans une série d'acquisitions pour l'ensemble de ses activités, notamment pour Invivo Wine, né en 2014. En trois ans, le pôle « Vin » du groupe a acheté les maisons Cordier et Mestreza, et pris une part minoritaire au sein du groupe Vinadeis. Invivo Wine a également acheté Baarsma, le leader néerlandais de l'importation et de la distribution de vin. « Nous voulions nous implanter en Europe du Nord, qui est l'une des principales régions de consommation de vin dans le monde. Maintenant, nous nous intéressons aux États-Unis et à l'Amérique du Nord en général, qui est également un territoire de forte consommation » précise Thierry Blandinières.

La stratégie d'acquisition a été particulièrement mise en œuvre par le pôle jardinerie-animalerie du groupe, Invivo Retail. Ce dernier a investi, en l'espace de quelques mois, dans 90 magasins Gamm vert en succursale, auparavant détenus par Axéréal et Terrena. Il a également acheté l'entreprise de distribution Jardiland en novembre dernier. Cette opération doit cependant être examinée par l'Autorité de la Concurrence, qui devrait rendre sa décision en fin d'année 2018.

Invivo mise sur l'international, et notamment les pays émergents comme le Brésil. « Cette région du monde est notre priorité, car il s'agit d'une immense puissance agricole en devenir », explique Thierry Blandinières. Invivo a pris le contrôle, en début d'année 2017, via Bioline, de CCAB Agro, l'une des plus grandes alliances de coopératives agricoles d'Amérique Latine, spécialiste du développement de produits phytosanitaires. Le groupe a également acheté Life Scientific en 2014 et Phyteurop en septembre dernier, afin de se positionner sur le marché des phytosanitaires. Et ce, malgré les nombreuses polémiques liées au produits chimiques. « C'est un sujet sensible et le monde est en train de changer. Mais nous voulons maîtriser la période de transition entre l'agriculture chimique et l'agriculture naturelle, qui ne peut pas se faire en un jour », justifie Thierry Blandinières.

Le chantier de l'innovation

Autre chantier important pour l'union de coopératives : l'innovation. Le groupe investit dans des projets visant à développer le big data, mais également l'intelligence artificielle et la robotisation des cultures. Ces investissements se font via des pépinières, comme notamment le Studio Agrodigital, à Montpellier, mais également via des pôles d'innovation, comme Invivo Food&tech, spécialisé dans l'alimentation.

« L'innovation est essentielle pour la compétitivité, il faut veiller à être dans le mouvement, sans pour autant s'y perdre », prévient Thierry Blandinières. « Nous sommes satisfaits de nos avancées, mais il y a encore du travail », complète-t-il.

Le chiffre d'affaires de la campagne 2016/2017 a atteint 5,5 milliards d'euros, une diminution par rapport aux 6,4 milliards d'euros de 2015-2016. En cause : l'entreprise a subi de plein fouet la crise des moissons 2016 avec un chiffre d'affaires pour la vente de blé qui atteint seulement 1,6 milliard d'euros cette année, contre 2,3 milliards en 2015/2016. Son résultat net s'établit, quant à lui, à 78,9 millions d'euros, contre 66,8 millions d'euros lors de l'exercice précédent.


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