Changement climatique Le Réseau action climat invite le gouvernement à réorienter sa politique

CLG Terre-net Média

Le 6 juillet dernier, le ministère de la transition écologique et solidaire dresse le bilan sur un an de la politique française en termes de climat et d’énergie. À cette occasion, le Réseau action climat appelle le président de la République et le gouvernement à réorienter leur politique pour donner à la lutte contre les changements climatiques « la place qu’elle mérite ». Il propose donc 12 actions en ce sens.

« Bien qu’engagée pour une diplomatie active et identificatrice de signaux de long terme importants pour le climat, l’action du président de la République et du gouvernement n’est finalement pas disruptive. » Le Réseau action climat et ses associations membres les appellent donc à changer de cap pour redonner à la transition climatique la place prioritaire qu’elle mérite au sein de la politique gouvernementale. Ils proposent ainsi d’apporter 12 gages de crédibilité d’une action gouvernementale ambitieuse contre le dérèglement climatique.

Un premier objectif défini par le Réseau action climat est « ancrer le rôle incontournable de l’agriculture et de l’alimentation dans la lutte contre le dérèglement climatique ». En effet, l’agriculture représente 20 % des émissions de gaz à effet de serre, 30 % secteur alimentaire inclus, à cause de l’élevage et de la fertilisation azotée (environ 90 % des émissions). Dans le cadre de la réforme de la Pac et du dialogue Talanoa de la COP24, ces émissions doivent être réduites drastiquement, afin d’éviter un trop grand recours à la compensation par les terres et forêts, potentiellement dangereux. Il s’agit donc « d’inscrire dans le volet agricole et alimentaire de la stratégie nationale bas carbone la division d’au moins par deux des émissions du secteur agricole à l’horizon 2050, via des mesures de réduction de la consommation des engrais azotés et du cheptel, corrélées à une augmentation des élevages de qualité (prairies, haies, par opposition à l’élevage intensif confiné et dépendant des importations de soja, par exemple) ».

Un deuxième objectif est « sortir des agrocarburants de première génération et encadrer strictement le recours aux bioénergies ». Accaparement des terres, destruction et dégradation des grands bassins forestiers tropicaux de la planète et augmentation de la volatilité des prix au détriment de la sécurité alimentaire des pays en développement. La consommation d’agrocarburants issus de cultures dédiées (dits “de première génération”) augmente, ainsi que ses dommages collatéraux. Il faut donc s’affranchir de l’ensemble de ces derniers et plus généralement, c’est limiter le recours massif aux bioénergies. « Pourtant, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la stratégie nationale bas carbone (SNBC), en cours d’élaboration, prévoient une consommation importante de “biocarburants” dans le transport terrestre et aérien, sans précision sur leur origine. » Dans le cadre de ces deux politiques, un plan de sortie complet des « biocarburants » cultivés sur des terres dédiées, y compris dans le transport aérien, doit être adopté.

Un autre grand objectif dans le secteur agricole est « réglementer la politique commerciale pour la rendre compatible avec la lutte contre les changements climatiques ». « Il n’est plus acceptable que des produits fabriqués dans des conditions environnementales moindres puissent entrer sur le territoire européen », grâce à des accords de commerce comme le Ceta. La politique commerciale, compétence européenne, doit donc permettre de réglementer le commerce mondial pour qu’il réponde aux objectifs de l’accord de Paris. Il faudrait donc faire en sorte que « les chapitres développement durable soient opposables dans les différents accords de commerce et que l’accord de Paris soit intégré dans les clauses essentielles des accords. En ce sens, le Jefta qui sera signé lors du sommet UE-Japon le 11 juillet prochain fera figure de test. » Au regard de l’urgence climatique, le Réseau action climat invite la France à faire comme la Wallonie pour le Ceta et refuser de signer tant que les éléments critiques n’auront pas été modifiés.

Enfin, on pourra citer brièvement les autres actions proposées par le Réseau au gouvernement. Comme par exemple, stopper l’affaiblissement du puits de carbone des forêts en « révisant les objectifs de récolte pour les rendre compatibles avec le maintien du puits de carbone en forêt et renoncer aux projets destructeurs de forêts en métropole et en Outre-mer à commencer par celui de la Mine d’or en Guyane », ou encore de rattraper le retard accumulé par la France sur les énergies renouvelables par la régionalisation des tarifs d’achat et des appels d’offre du solaire photovoltaïque dans l’optique d’une massification sur l’ensemble du territoire, relevant pour ce faire le seuil des appels d’offre à 500 kWc (contre 100 actuellement pour le photovoltaïque). Dans cette même visée, Réseau action climat invite  le gouvernement à respecter l’objectif de la loi de transition énergétique d’abaisser la part du nucléaire dans le mix énergétique de la France. Dans une logique de solidarité, des actions sont proposées à différentes échelles : accompagnement des ménages les plus modestes dans la transition énergétique, soutien financier des pays les plus vulnérables dans la mise en œuvre de l’accord de Paris, démultiplication des solutions de transition énergétique sur l’ensemble des territoires. Et finalement, les derniers objectifs sont « rendre la loi mobilité 100 % compatible avec l’accord de Paris pour sortir la France du “tout routier” », « faire décoller le grand chantier de la rénovation thermique des logements » et « mettre fin aux avantages fiscaux des secteurs nocifs pour le climat ».

 

 


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