Primaire de la Gauche Avec Manuel Valls, une politique « en rupture avec le modèle d’après-guerre »

Terre-net Média

L’ancien Premier ministre et ministre de l’Intérieur Manuel Valls souhaite conduire une politique agricole qui reconnaît « toutes les agricultures ». Pour cela, il envisage une réforme européenne du droit de la concurrence pour mieux protéger les agriculteurs.

Ancien Premier ministre, Manuel Valls souhaite un quinquennat agricole Ancien Premier ministre, Manuel Valls souhaite un quinquennat agricole "en rupture avec le modèle d'après-guerre". (©ManuelValls)

A l’instar d’autres candidats à la primaire de la Gauche comme François de Rugy ou Jean-Luc Bennahmias, l’ancien Premier ministre Manuel Valls n’a que peu détaillé son projet en matière d’agriculture.

Primaire de la Gauche : demandez le programme !

Comme pour celle de la Droite et du Centre, Terre-net décortique pour vous les propositions agricoles des sept candidats à la primaire de la Gauche, dont les deux tours de scrutins se dérouleront les 22 et 29 janvier 2017.

Sur son site de campagne, Manuel Valls évoque, dans le court chapitre consacré à l’agriculture, son expérience à Matignon qui lui a permis « de mieux connaître le monde agricole et ses acteurs ». « J’ai été amené à engager la mobilisation de l’État pour apporter le soutien de la Nation dans des moments de crise, pour l’élevage, pour le secteur porcin, pour les céréaliers ou les aviculteurs. » La reconnaissance de l’ampleur de la crise agricole par le Premier ministre ne s’est pourtant concrétisée que début octobre 2016, avec l’annonce d’un plan de consolidation et de refinancement des exploitations agricoles. Un plan qui peine à montrer ses effets tant le nombre de dossiers déposés est faible.

Mais le candidat à la Présidentielle 2017 se projette déjà dans le « prochain quinquennat », en souhaitant « continuer à appuyer la structuration des filières », la « seule manière de donner du pouvoir économique à nos agriculteurs », selon lui.

Parmi les chantiers prioritaires de Manuel Valls pour l’agriculture, il y a logiquement la « conduite des négociations sur la Pac 2020 ». Il souhaite cette prochaine Pac « plus régulatrice, transformée en une politique de l’alimentation de qualité tournée vers le double respect des travailleurs du secteur agricole et des consommateurs. »

Toujours sur le plan européen, il souhaite « engager une initiative européenne sur la question de la concurrence dans le secteur alimentaire pour ne pas laisser les producteurs en état de soumission constante aux acteurs de la distribution. Selon la formule du député de l’Essonne, « Bruxelles doit rester un acteur réactif et disponible pour l’agriculture française ».

Sur la scène française, il entend « continuer à réunir toutes les parties prenantes – grande distribution, banques, organisations professionnelles – pour ne jamais laisser les agriculteurs seuls face à des difficultés structurelles ».

« Contre les grandes intérêts des multinationales»

Manuel Valls profite de son programme pour approuver l’action de son ministre de l’agriculture en faveur de l’agro-écologie, et se pose en opposant des grands groupes de la chimie. « La mise en avant de l’agro-écologie est un élément fondamental d’une reprise en main écologique de l’agriculture par les agriculteurs comme par les citoyens contre les grandes intérêts des multinationales de la chimie », écrit-il.

Il souhaite tourner sa politique en rupture avec le modèle de l’après-guerre – mais ce modèle existe-t-il encore réellement ? – « qui a ses réussites mais aussi ses insuffisances pour reconnaître toutes les agricultures. »

En matière environnementale, l’ancien maire d’Evry envisage une « grande conférence environnementale » à l’automne 2017 pour fixer une feuille de route « ambitieuse ». Dans cette feuille de route, des mesures seraient prises « pour lutter contre la pollution, les particules fines, les pesticides et les perturbateurs endocriniens ».

Manuel Valls veut également faire de la France un « leader européen des énergies renouvelables », et « taxer lourdement les importations sur le marché intérieur qui ne respectent pas nos règles environnementales ».

Sur le plan organisationnel, il souhaite réunir les ministères de l’écologie, de l’industrie et de l’énergie dans un ministère unique pour « coordonner les efforts dans ce domaine ». Mais quel poids aurait donc le ministère de l’agriculture dans cette configuration, quand les professionnels agricoles déplorent déjà l’influence croissante du seul ministère de l’environnement dans les décisions affectant les agriculteurs ?

Retrouvez aussi la synthèse des programmes agricoles de Jean-Luc Bennahmias, Sylvia Pinel, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et François de Rugy.


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