Betteraves et NNI Christiane Lambert corrige Yannick Jadot

Terre-net Média

Invitée d’une table-ronde à l’événement de rentrée du Medef, le 27 août, la présidente de la FNSEA a recadré l’eurodéputé EELV Yannick Jadot qui assurait que la betterave bio ne souffrait pas, contrairement à la betterave conventionnelle, de la jaunisse particulièrement virulente cette année.

Christiane Lambert a rappelé à Yannick Jadot que la betterave bio souffrait autant de la jaunisse que la betterave conventionnelleChristiane Lambert a rappelé à Yannick Jadot que la betterave bio souffrait autant de la jaunisse que la betterave conventionnelle. (©capture d'écran La REF (Medef)) 

A l’occasion de la REF, la Renaissance des entreprises françaises, événement organisé par le Medef, la présidente de la FNSEA et le député européen Yannick Jadot ont échangé leurs points de vue, avec d’autres intervenants, au cours d’une table-ronde sur « l’économie au secours de l’écologie et vice-versa ».

Si Christiane Lambert a reconnu des points d’accord avec l’élu EELV, notamment sur l’importance de la mise en place d’une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne, elle a en revanche vivement réagi aux propos de Yannick Jadot sur les betteraves.

« La betterave bio résiste mieux aux pucerons que la betterave arrosée »

Interrogé sur son positionnement quant à la décroissance, le député européen a en effet voulu s’appuyer sur les pratiques agro-écologiques pour prouver que, tout en produisant moins, elles généraient plus de richesse. Avec un argumentaire plus qu’approximatif, cependant : « l’agroécologie, c’est moins de croissance, et pourtant la betterave bio résiste mieux aux pucerons que la betterave arrosée ! », a-t-il affirmé.

« Je viens de l’Aisne, je connais la betterave », a-t-il rappelé à la présidente de la FNSEA, qui s’est empressée de répondre que cela ne lui conférait pas « un diplôme en betteraves ». « Une aberration répétée 10 fois ne deviendra pas une vérité », a-t-elle poursuivi.

Des dérogations dans les autres pays betteraviers

« Quand dans notre pays il a été décidé de supprimer le recours aux néonicotinoïdes, la France a été le seul pays européen à l’inscrire dans une loi. Sur 19 pays producteurs de betteraves, 14 ont déjà pris une dérogation, pour pouvoir les réutiliser face à l’urgence sanitaire et économique », a rappelé Christiane Lambert. Sur les 450 000 hectares de betteraves actuellement cultivés en France, il n’y en a que 0,5 % en bio, « et elles sont aussi jaunes que les pas bio en ce moment », a-t-elle poursuivi.

En ré-autorisant les néonicotinoïdes, « le ministre de l’agriculture a pris une décision difficile », a souligné la présidente de la FNSEA, qui a également salué le « pragmatisme » de l’actuelle ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, présente à la table-ronde.  Il en va, a précisé Christiane Lambert, de la survie de toute une filière économique : « les Belges, les Allemands, qui ont autorisé les néonicotinoïdes, n’attendent qu’une chose, qu’on arrête de produire en France. On perd des filières de production quand on se fait des impasses plus fortes que les autres. On mangera toujours autant de sucre, mais il sera produit ailleurs ».

Pour la présidente de la FNSEA, deux à trois ans sont nécessaires pour permettre à la recherche de trouver des alternatives, et maintenir une filière qui représente en France 46 000 emplois.

Pour revoir l'intégralité de la table-ronde, cliquez ci-dessous :


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