En marge du Congrès de la Nature Des manifestations contre les énergies fossiles et la déforestation à Marseille

AFP

Deux mobilisations d'activistes environnementaux ont rassemblé plusieurs dizaines de personnes mardi à Marseille, en marge du Congrès mondial de la nature, pour dénoncer le « greenwashing » de BNP Paribas et la déforestation en Amazonie dont serait complice le groupe Casino.

Quelques dizaines de militants d'Extinction Rébellion, d'ANV-COP21 et d'autres associations se sont réunis mardi matin près du siège de BNP Paribas pour manifester contre sa participation au congrès mondial de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à Marseille, jusqu'à samedi. « BNP la banque d'un monde qui meurt », ont-ils scandé en s'allongeant au sol pour mimer une mort collective, détournant au passage le slogan de la banque française. Objectif : « Dénoncer la participation de grands pollueurs à ce congrès », a plaidé Lorette Philippot, chargée de campagne finance privée aux Amis de la terre.

« BNP Paribas est partenaire et participe à des ateliers tous les jours, alors que c'est le premier financeur européen des énergies fossiles en 2020 et la première entreprise polluante du CAC40 », a-t-elle affirmé à l'AFP. Accusée de « financer le dérèglement climatique et l'extinction de masse des espèces », la banque appuie seulement le Congrès de l'UICN « pour se racheter une bonne image », a dénoncé l'ANV-COP21 dans un tweet, en pointant une volonté de « greenwashing ».

Dans un communiqué à l'AFP, la banque française, qui figure bien dans la liste des partenaires du ministère de la transition écologique, co-organisateur du congrès, mais n'est pas sponsor de l'événement, a notamment précisé qu'en 2020, 40 % des projets qu'elle avait financés étaient des « projets d'énergie renouvelables, contre 14 % de projets de pétrole et gaz ».

Dans le même temps, une dizaine de militants autochtones d'Amazonie se sont rassemblés devant un supermarché marseillais du groupe Casino pour dénoncer l'importation de viande en provenance de pays comme le Brésil et la Bolivie, viande qui selon eux provient de zones de l'Amazonie en train d'être déboisées par des éleveurs. « Nous exigeons la responsabilité des entreprises qui sont à l'origine de la vente de la viande aux supermarchés », a déclaré Fanny Kuiru, une indigène colombienne Uitoto.

Leur principale requête est la préservation de 80 % de l'Amazonie d'ici 2025 et cette motion sera débattue au sein de l'UICN cette semaine. Au cours des douze derniers mois, la déforestation de l'Amazonie a représenté, rien qu'au Brésil, plus de 8 000 km2 de forêt tropicale. Assigné en justice en mars par des indigènes et onze organisations de défense de l'environnement pour sa responsabilité supposée dans la déforestation de l'Amazonie, le groupe Casino avait alors assuré que sa filière brésilienne menait une « politique rigoureuse de contrôle de l'origine de la viande bovine livrée par ses fournisseurs ».


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