Malveillance envers les agriculteurs Didier Guillaume lance un « observatoire de l'agribashing »

Arnaud Carpon, avec AFP Terre-net Média

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, veut lancer « dans tout le pays » un « observatoire de l'agribashing » pour recenser les actes de malveillance envers les agriculteurs tout en prévoyant la mise en place de zones où des traitements phytosanitaires seront interdits.

Le ministre de l'agriculture était en déplacement dans la Drôme et en Ardèche vendredi 26 avril 2019.Le ministre de l'agriculture était en déplacement dans la Drôme et en Ardèche vendredi 26 avril 2019. (©@dguillaume26)

« Dans le département de la Drôme où j'étais vendredi, a été installé un observatoire contre l'agribashing car il faut vraiment bien s'expliquer », a indiqué Didier Guillaume chez nos confrères de CNews lundi 29 avril 2019.

« Une personne me disait "j'étais dans mon champs sur mon tracteur et quelqu'un est venu m'agresser verbalement en disant agriculteur-pollueur". On ne peut pas rester comme ça», a souligné le ministre, se déclarant « inquiet » des agressions verbales qui se multiplient à l'encontre d'agriculteurs en train de travailler. « Cela m'inquiète vraiment beaucoup », a-t-il ajouté.

[Vidéo] Revoir l'interview du ministre de l'agriculture sur CNews

(L'interview sur les questions agricoles commence à 9'19''. Le point sur l'agribashing à 14'02''.)

Le ministre a indiqué que des « chartes » prévoyant des zones « de non-traitement » allaient être mises en place parallèlement, pour faciliter la cohabitation des agriculteurs en zone habitée, « le long d'un Ephad, d'une maison de retraite ou d'une école », en concertation avec « le maire, les associations, les agriculteurs ». « D'ores et déjà quand il y a du vent, il est interdit de traiter. La transition agroécologique, elle est irréversible », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la réunion internationale en cours à Paris sur la chute de biodiversité dans le monde, le ministre a rappelé que la France allait être « le premier pays en Europe » à réduire fortement l'utilisation des pesticides et des produits phytosanitaires d'ici 2025. « Il n'y a pas que le bio, c'est toute l'agriculture qu'il faut convertir, en agriculture raisonnée, en agriculture qui permette d'utiliser moins de glyphosate, moins de produits phytosanitaires », a-t-il dit.

[Audio] Les propos de Didier Guillaume chez nos confrères de France Bleu

Le ministre avait rappelé le 10 avril les objectifs de la France en la matière : « réduire de 25 % l'utilisation de produits phytopharmaceutiques en 2020, de 50 % en 2025, sortie du glyphosate d'ici fin 2020 pour les principaux usages pour lesquelles des alternatives existent, et d'ici fin 2022 pour l'ensemble des usages ». Pour se passer du glyphosate, « toutes les filières avancent », avait-il constaté vendredi dans une interview accordée au quotidien Le Dauphiné, « si dans certains secteurs ce n'est pas possible au 1er janvier 2021, alors on donnera un petit délai de plus », avait-il concédé.

Malgré deux plans successifs destinés à réduire les pesticides en agriculture depuis 2007 (Ecophyto), la France a supprimé beaucoup de molécules dangereuses pour la santé humaine mais n'a guère réduit les volumes de produits phytosanitaires utilisés, destinés à maintenir les rendements agricoles et la compétitivité du secteur agroalimentaire face à la concurrence mondiale.


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