; Il faut préserver les terres agricoles et faire évoluer la loi (Safer)

Renouvellement des agriculteurs Il y a urgence à préserver le foncier agricole (organe de régulation)

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Pour faciliter le renouvellement des générations d'agriculteurs, il faut préserver les terres agricoles et faire rapidement évoluer la loi, a prévenu mardi la fédération nationale des organes de régulation du foncier (Safer), lors d'une conférence de presse.

« Nous devons plus que jamais préserver le foncier agricole (...). Pourtant les ventes de terres destinées à être urbanisées sont au plus au haut depuis dix ans, malgré toutes les politiques de maîtrise », a alerté son président, Emmanuel Hyest. En décembre dernier, le Parlement a adopté une proposition de loi portée par le député LREM Jean-Bernard Sempastous, première étape pour mieux réguler l'accès aux terres agricoles face aux appétits des sociétés d'investissements. Ces dernières possèdent désormais deux tiers de la surface agricole utile, au détriment du « modèle français des exploitations familiales », avait-il alerté.

Échappant aux contrôles administratifs comme à ceux des Safer, elles contribuent par leurs cessions de parts et autres opérations à l'agrandissement des parcelles plutôt qu'à leur reprise par de nouveaux entrants.

D'après Emmanuel Hyest, la « très forte concentration » des terres agricoles présente un risque notamment dans le secteur de l'élevage, « avec des difficultés à céder de belles exploitations » dans le lait ou la filière bio.

« Il y a un enjeu d'occupation du territoire, de résilience des exploitations, et on l'a vu pendant la crise : ce n'est pas la taille qui fait la résilience », a-t-il relevé lors de la présentation du rapport annuel des marchés fonciers ruraux. En l'espace d'un demi-siècle, le nombre d'exploitations agricoles a diminué de 76 % pour atteindre 389 500 en 2020, tandis que leur surface moyenne a été multipliée par 3,6.

Le président de la Fédération nationale des Safer a également confirmé l'existence d'un « phénomène d'exode urbain » dans le sillage de l'épidémie de Covid-19, qui redynamise certains territoires ruraux, mais fait aussi monter les prix avec de fortes pressions sur les jeunes agriculteurs.

Les Safer (sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural) sont chargées de veiller, pour le compte de l'État, sur les transactions portant sur les terres, prés, vignes et forêts. Elles ont aidé environ 1 500 nouveaux agriculteurs à s'installer en 2021, la plupart d'entre eux n'étant pas issus du monde agricole, afin d'œuvrer au renouvellement des chefs d'exploitation de plus en plus vieillissants, 60 % d'entre eux ayant plus de 50 ans aujourd'hui.

Le texte voté en décembre devrait être la première étape d'une grande loi foncière, promise de longue date par Emmanuel Macron sans avoir abouti pendant son premier quinquennat, et que les syndicats agricoles appellent de leurs vœux.


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