Jeunes agriculteurs JA vers un syndicalisme davantage tourné vers la société

Terre-net Média

Si les sujets de mobilisation syndicale ne manquent pas en ce début d’année 2020 -ZNT, réforme de la Pac, négociations commerciales…-, JA oriente également ses actions de sensibilisation vers un public plus large, pour faire prendre conscience à la société de l’importance du renouvellement des générations en agriculture.

Samuel Vandaele, président de JA, présente les sujets de JA pour 2020 lors de Samuel Vandaele, président de JA, présente les sujets de JA pour 2020 lors de la conférence de presse du 23 janvier. (©Terre-net Média) 

« D’ici une dizaine d’années, 45 % des chefs d’exploitation vont partir en retraite », rappelle Loïc Quellec, responsable du dossier Installation chez Jeunes agriculteurs, à l’occasion de la conférence de presse organisée le 23 janvier par le syndicat pour évoquer les sujets de l’année à venir. Si la sensibilisation autour de cet enjeu a toujours été un thème central pour JA, cette année, la semaine du renouvellement des générations en agriculture, qui se tient du 3 au 7 février, sera principalement dirigée vers les candidats aux élections municipales, à travers l’élaboration d’une charte pour sensibiliser les potentiels élus aux moyens d’aider les jeunes agriculteurs au niveau communal.

L’évènement « Les Toqués de l’agriculture », qui se tiendra du 24 au 26 avril place de l’Hôtel de Ville, à Paris, constituera également un moment fort de cette communication de JA auprès du grand public. L’opération, inédite, réunira des chefs étoilés et des jeunes agriculteurs des 14 régions de France, pour mettre en avant le lien entre la qualité de l’agriculture française, la qualité de l’alimentation, et l’excellence de la gastronomie française, en association avec l’Institut Paul Bocuse. « On voulait aller au-delà du simple marché de producteurs », explique Arnaud Gaillot, secrétaire général de JA. Dix ans après Nature Capitale, un évènement qui a laissé à Samuel Vandaele, actuel président de JA, un souvenir mémorable, il s’agit également d’organiser un évènement fédérateur pour le réseau JA, à un moment où les fondamentaux du syndicalisme sont parfois remis en cause.

Conscients de ces évolutions, le syndicat a d’ailleurs lancé, il y a un an et demi, une réflexion en profondeur sur l’identité de Jeunes agriculteurs. « L’objectif premier est de déterminer pourquoi les jeunes adhèrent ou non », développe Arnaud Gaillot. 1 000 questionnaires ont été envoyés, 700 au sein du réseau et 300 en externe (syndicats opposés, journalistes, décideurs politiques, etc.). « On voulait réaffirmer nos fondamentaux, nos valeurs, ou les faire évoluer en fonction des réponses », poursuit le secrétaire général de JA. Si les résultats seront dévoilés lors du congrès JA, qui se tient cette année à la Baule du 2 au 4 juin, Arnaud Gaillot évoque « différents facteurs qui font qu’un jeune n’est pas adhérent », comme la culture familiale, le peu de disponibilité, mais également « un modèle de société qui a changé. Les dynamiques d’engagement, de coopération, s’estompent un peu, on le voit dans nos communes pour les autres associations, c’est de plus en plus difficile de mobiliser des gens », ajoute-t-il.

ZNT et négociations commerciales, des points de vigilance

JA n’oublie cependant pas les combats syndicaux du moment, comme la réforme de la Pac, ou le sujet de la mise en application des ZNT qui reste problématique pour la profession agricole. « Les rendez-vous sont en cours avec les différents ministères », explique Samuel Vandaele. « Je vous invite à analyser le décret, sur le terrain c’est illisible ! » poursuit-il. JA attend notamment des précisions quant aux dérogations dans le cadre des chartes riverains, et le retour de l’Anses, et a demandé, avec la FNSEA, un moratoire pour suspendre l’application de la nouvelle réglementation.

Deuxième sujet très actuel sur lequel les JA sont prêts à se mobiliser, celui des négociations commerciales. Car si tous les éléments de la loi Égalim sont désormais en place, « ils ne sont pas toujours appliqués », regrette Aurélien Clavel, vice-président de JA. Pour le syndicat, si de bonnes initiatives existent dans certaines filières, comme pour le lait, il reste un certain nombre d’acteurs qui ne jouent pas le jeu. « Nous saurons aller les dénoncer et leur mettre la pression pour qu’ils s’alignent vers les autres », prévient Aurélien Clavel.

« On a d’énormes craintes aujourd’hui sur la viande bovine, complète Samuel Vandaele. D’après un certain nombre de signaux, ça se passe très, très mal dans les négociations commerciales ». « Le réseau est prêt, on n’hésitera pas à mener un certain nombre d’actions vers ceux qui essayeront de contourner la loi. Être capable de vivre dignement de notre métier, ce n’est pas juste un souhait, la passion ne fait pas tout ! », prévient le président de JA.


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