Artificialisation des terres agricoles Le Modef tire la sonnette d’alarme !

CLG Terre-net Média

Une augmentation de 10 % des surfaces urbanisées, une hausse annuelle de la surface moyenne par exploitation au détriment des plus petits, un prix des terres de 5 990 €/ha en moyenne… Le rapport annuel 2018 de la FNSafer sur les marchés fonciers ruraux dresse un bilan inquiétant. Le Modef appelle donc le gouvernement à prendre des mesures.

« Un quart des exploitations agricoles a disparu entre 2000 et 2016. Les terres agricoles ont perdu 6,9 % de leur surface en trente ans, soit environ 2 millions d’hectares. Près de 25 % des chefs d’exploitation ont aujourd’hui plus de 60 ans. Face à l’urbanisation et la spéculation, les exploitations deviennent intransmissibles et le modèle d’agriculture familial français risque de disparaître. Pour que notre pays ne devienne pas un désert agricole, où de grands groupes, directement liés au complexe agro-industriel, considèrent la terre comme un nouveau placement financier, il est urgent que le gouvernement prenne à bras le corps la question du foncier agricole. »

« Notamment, il faut stopper l’artificialisation des terres agricoles, grignotant chaque année 50 000 à 60 000 hectares, soit l'équivalent en quatre années de la surface agricole moyenne d'un département. Le Modef affirme que ces pertes ne sont pas acceptables et que tout doit être mis en œuvre pour stopper cette érosion, afin de préserver la biodiversité et limiter les gaz à effet de serre. Dans cette optique, le Modef n’est pas opposé aux énergies renouvelables mais il souhaiterait que celles-ci soient localisées dans des friches industrielles (zone abandonnée, terrain militaire ...). Par exemple, la mise en place d’une éolienne occupe en effet plus de 2 000 m2 de terrain. »

« Du fait de la spéculation foncière, les friches agricoles se multiplient, entraînant une baisse de la productivité agricole et constituant un vrai risque en cas de feu de forêt. Le Modef demande la réhabilitation de ces friches en terres agricoles. En outre, l’accès au foncier étant l’un des plus gros freins à l’installation, le Modef souhaite un renforcement du contrôle des structures et l’intervention de la Safer sur toutes les ventes de parts sociales de structures. Il demande aussi que les Safer soient dotées des moyens financiers nécessaires pour stocker des terres en vue d’une rétrocession à un jeune et développer un système de location-vente. »

« Ainsi, pour le Modef, la terre doit rester prioritairement au service de la souveraineté alimentaire et ne doit pas devenir un objet de spéculation et de rente. Il s’avère impératif que sa fonction de production agricole puisse rémunérer le travail de celui qui exploite la terre, qu’il soit propriétaire exploitant ou fermier exploitant. »


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