Réduction des produits phytos Le plan de Stéphane Le Foll jugé insuffisant par les Ong

Afp

Paris, 30 jan 2015 (AFP) - La Fondation Nicolas Hulot et Générations futures ont jugé insuffisantes les mesures du nouveau plan Ecophyto présenté vendredi et visant à réduire l'usage de produits phytosanitaires de 50 % d'ici 2025 par rapport à 2008.

Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, « veut mettre l'accent sur l'optimisation du matériel et le soutien au biocontrôle », souligne Générations futures pour qui « la réduction se fera à la marge » avec ces mesures. L'Ong estime tout de même qu'en combinant du matériel plus performant et des produits phytosanitaires naturels (biocontrôle), la réduction pourrait aller jusqu'à 20-25 %.

Pour la Fondation Nicolas Hulot (Fnh), « les premières annonces de Stéphane Le Foll doivent être impérativement complétées pour arriver rapidement à un plan Ecophyto 2 efficace, et à la hauteur des enjeux et des alertes sanitaires et environnementales ». « Le compte n'y est pas », estime Matthieu Orphelin, porte-parole de Fnh. « Si l'objectif de division par deux est réaffirmé, si des mesures intéressantes (biocontrôle) sont actées, si un copilotage associant l'écologie semble enfin se dessiner », souligne-t-il, « il manque encore la concrétisation des promesses sur les néonicotinoïdes (insecticides) et des actions vigoureuses sur la demande (en produits de qualité) notamment par la restauration scolaire » afin d'inciter les agriculteurs à produire d'une autre manière.

« Si on veut vraiment atteindre cet objectif de 50 %, il faudra tout mettre en œuvre pour aller vers des systèmes de cultures réellement alternatifs », estime François Veillerette de Générations futures. « Le système actuel est à bout de souffle, tous les signaux sont au rouge (pollution des eaux, de l'air, perte en biodiversité, impacts sanitaires avérés) », interpelle-t-il. Générations futures préconise des systèmes de cultures plus résistants (semences rustiques, présence de haies, rotation des cultures plus longue pour éviter l'installation de ravageurs, etc.). « On sait que ces méthodes marchent et que les agriculteurs s'y retrouvent d'un point de vue économique, mais il faut les inciter financièrement à changer leurs pratiques et les y aider en développant le transfert de connaissances », assure François Veillerette. Pour lui, « il n'est pas question que dans 10 ans on refasse le constat de l'échec et qu'on reparte à zéro avec un nouveau plan qui reculerait encore l'objectif de réduction ».

Initialement le plan Ecophyto prévoyait une réduction de 50 % des pesticides entre 2008 et 2018, mais le gouvernement actuel a reconnu que la tendance était toujours à la hausse avec + 5 % en moyenne entre 2009 et 2013.


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