Sécheresse Les agriculteurs du Grand Est et de Bourgogne-Franche-Comté appellent à l’aide

Terre-net Média

Les FRSEA et Jeunes agriculteurs du Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté dénoncent « le silence et l’indifférence » des pouvoirs publics à l’égard des agriculteurs durement touchés par la sécheresse. Ils réclament toute une série de mesures pour minimiser les impacts économiques sur leurs exploitations.

Sur l'exploitation de Stéphane Aurousseau, dans la Nièvre, Sur l'exploitation de Stéphane Aurousseau, dans la Nièvre, « à cause de la sécheresse, la levée des semis est hétérogène et la réussite est compromise. 40 graines ont été semées par m2. S'il en lève la moitié c'est suffisant, mais il y'a beaucoup de zones dans la parcelle où il n'y a rien. » (©@StphAurousseau) 

Les FRSEA et Jeunes agriculteurs du Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté ont fait un « appel à mobilisation », jeudi 20 septembre 2018, pour demander un soutien de l’État aux très nombreux agriculteurs pénalisés par la sécheresse qui perdure depuis le mois de juin.

« Depuis plusieurs années, l’État s’est dégagé en grande partie des dispositifs calamités, pour les faire porter soit par l’Europe (assurance récolte) soit par les agriculteurs eux-mêmes (fonds calamités, assurances, …). Oui mais faut-il pourtant qu’il s’en lave les mains, alors que de nombreux systèmes ne sont pas bien couverts ? »

Et les syndicats régionaux de dresser un état des lieux. « Avec cette sécheresse sournoise qui a commencé en juin pour aller jusqu’en septembre, la première préoccupation des éleveurs, c’est l’affouragement des animaux et la nécessité d’avoir assez d’aliments pour tenir jusqu’au printemps prochain. »

« La sécheresse a d’abord touché les prairies, avec des pertes économiques importantes pour les éleveurs obligés d’utiliser leurs stocks début juillet pour alimenter leurs animaux. Mais elle a poursuivi ses effets destructeurs pour les cultures de printemps avec des demi-récoltes pour le maïs ou le soja. Pas d’accalmie fin août, la sécheresse a poursuivi son travail de sape avec les nouveaux semis de colza incapables de lever faute d’une pluviométrie suffisante. »

« Si cette sécheresse est unique par son ampleur, elle est surtout unique par l’absence de réponse du ministre de l’agriculture », poursuivent les syndicats, qui énumèrent ensuite une longue liste de revendications. « Face au silence du ministère », les syndicats demandent notamment « des dérogations collectives élargies pour les surfaces d’intérêt écologique comme pour les pièges à nitrates, un taux de 90 % pour les avances sur les aides Pac versées à la mi-octobre, le rehaussement du plafond des aides de minimis. »

Ils demandent au ministère « des dégrèvements de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB) pour les parcelles touchées par la sécheresse, des enveloppes supplémentaires à la MSA pour la prise en charge partielle des cotisations sociales des agriculteurs fragilisés, des aides aux transports pour la paille et le fourrage pour les éleveurs des départements concernés.

Les syndicats réclament aussi « la mise en place d’une procédure des calamités, avec une actualisation des critères pour mieux prendre en compte les pertes subies par les agriculteurs, la mobilisation de la cellule export pour dynamiser les marchés, et des assouplissements pour les Jeunes agriculteurs qui ne pourraient pas atteindre le revenu disponible. »

A moyen terme, « il faut prévoir, dans le cadre du grand plan d’investissements, des moyens spécifiques pour s’adapter au changement climatique avec, des aides aux bâtiments d’élevage, au stockage du fourrage et du grain, pour les réserves en eau, des soutiens pour la recherche appliquée et la sélection de nouvelles variétés plus résistantes. »


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