Pac Les fédérations agricoles « vigilantes » sur la mise en œuvre

AFP

La puissante fédération des syndicats agricoles majoritaires européens (Copa) a salué mardi un accord « équilibré » sur la nouvelle PAC, tout en avertissant que les nouveaux dispositifs environnementaux devront être « accessibles » et « harmonisés » à travers l'UE pour ne pas pénaliser les exploitants.

Les ministres européens de l'agriculture ont formellement approuvé lundi l'accord trouvé entre eurodéputés et États membres de l'UE sur la réforme de la Politique agricole commune (Pac), qui propose notamment des «  écorégimes » - primes accordées aux agriculteurs en échange d'efforts environnementaux accrus.

« Ce qui est sur la table est équilibré », en conciliant critères écologiques et conditions économiques des agriculteurs, a estimé la présidente du Copa, Christiane Lambert lors d'une conférence de presse. L'exercice de «  verdissement » n'a pas « relégué au second plan les notions de sécurité alimentaire et d'autonomie stratégique » européenne, observe-t-elle. Les écorégimes, qui seront définis au niveau national par chaque gouvernement selon des critères communs, sont « un effort important pour les agriculteurs », insiste l'éleveuse française, rappelant qu'ils représenteront à terme 25 % des versements directs aux exploitations. « C'est le quart (des aides directs) qui sont confisquées aux agriculteurs et qui ne sont redistribuées que si les agriculteurs s'engagent dans des cultures améliorées, des stratégies pour la biodiversité, le bien-être animal ou autres. Il faut absolument contester les accusations de "greenwashing" » des ONG environnementales, a-t-elle lancé.

En revanche, les organisations agricoles seront « vigilantes » sur le contenu des écorégimes, qui restent à définir d'ici 2023 au niveau national par chaque État, selon « un calendrier très très serré », a averti Mme Lambert. « Il faudra des dispositifs accessibles (...) il faut que les exigences (environnementales) soient compatibles avec l'économie des exploitations » pour ne pas les mettre en péril, a-t-elle expliqué.

Autre inquiétude, la complexité de la réforme pour « les agriculteurs, qui devront faire prouver ce qu'ils font, probablement de la bureaucratie supplémentaire... nous serons vigilants à ce que ce ne soit pas insurmontable pour eux ». De même, Mme Lambert réclame « la mise en œuvre la plus harmonisée possible » de la nouvelle Pac entre les différents pays de l'UE pour éviter toute distorsion dans le marché intérieur, a-t-elle précisé à l'AFP. Elle juge ainsi « absolument nécessaire » que le Conseil des ministres européens ait un droit de regard sur les « plans stratégiques » (feuilles de routes nationales) des États, et pas seulement la Commission européenne.

Le texte de la PAC doit encore être voté à l'automne au Parlement européen.


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