Tribune de Stéphane Le Foll « Un emploi pour 98 % des diplômés de l’agroéquipement »

Stéphane Le Foll, rubrique réalisée par Frédéric Hénin Terre-net Média

L’enseignement agricole, deuxième réseau d’enseignement de France, délivre des diplômes à des jeunes qui ont quasiment l’assurance de trouver un emploi dès la fin de leurs études. Les programmes des filières de l’agroéquipement s’inscrivent dans la droite ligne du projet de transition agro-écologique pour l’agriculture française de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. A l'occasion du Salon de l'agriculture et du Sima, Terre-net lui ouvre ses colonnes pour une tribune dédiée à l'enseignement agricole.

Stéphane Le FollSelon Stéphane Le Foll, l’agroéquipement français a toutes les raisons de croire en son avenir. (©Ministère de l'agriculture)

« Seconde composante du système éducatif français, l’enseignement agricole se distingue par son ouverture sur le monde professionnel. Particulièrement sensible à l’évolution des techniques et aux attentes agricoles, il a à relever deux défis majeurs : préparer les agriculteurs d’aujourd’hui et de demain à être les acteurs de la transition agro-écologique, et contribuer à la promotion sociale et à la réussite de tous les jeunes.

L’agroéquipement, véritable gisement d’emplois

Allant de la 4e à l’enseignement supérieur court et long, couvrant les filières générale, technologique et professionnelle, l’enseignement agricole prépare à plus de 100 métiers différents. Son offre de formation très diversifiée va bien au-delà du seul secteur agricole et couvre plus largement nombre de besoins du monde rural.

Certains métiers auxquels il forme sont peu connus du grand public, alors qu’ils constituent de véritables gisements d’emplois. En disant cela, je pense particulièrement aux secteurs de l’agroéquipement et de l’agroalimentaire.

Dans ces domaines, nos formations sont reconnues par tous pour leur qualité et leur adéquation aux besoins des employeurs grâce à une implication accrue des professionnels dans l’élaboration des programmes et à leur large composante pratique.

Dans la seule branche de l’agroéquipement, les entreprises devraient continuer d’embaucher 4.000 à 5.000 jeunes par an jusqu’en 2020 au moins. Il s’agit de remplacer la génération du "baby boom" qui part à la retraite, et de répondre au développement des entreprises qui voient leur activité croître. Les emplois concernés sont variés. Il s’agit de métiers techniques, bien sûr, mais le secteur commercial est également concerné. Je souhaite que ce dernier bénéficie de plus de visibilité et que l’attractivité de ces filières soit confortée auprès des jeunes.

Un secteur très compétitif…

L’industrie et les services de l’agroéquipement sont un réel atout pour la France et un levier économique non négligeable. Ils sont littéralement portés par l’importance du marché national, de par la force de l’agriculture française, la densité de son tissu industriel ainsi que par son ouverture sur l’ensemble des marchés mondiaux. Selon les années, 65 à 70 % de la production nationale est exportée, ce qui atteste de l’excellente compétitivité du secteur ainsi que de son haut niveau technologique. Par ailleurs, les filières françaises des agroéquipements ont toutes les raisons de croire dans leur avenir. Le contexte de croissance de la population mondiale ouvre de vastes perspectives pour la production agricole et crée donc des besoins en agroéquipement, en France comme dans le reste du monde. Le Sima, vitrine mondiale des agroéquipements, en fera cette année encore la démonstration.

… et investi dans la recherche

Je considère également le secteur des agroéquipements stratégique par le niveau de son investissement dans la recherche et le développement. Il permet ainsi de développer des outils modernes, nécessaires à la transition agro-écologique de nos agricultures dans laquelle je suis pleinement investi depuis mon arrivée à la tête du ministère de l’Agriculture. Des matériels adaptés permettront la mise en œuvre de pratiques culturales plus respectueuses du sol et du milieu naturel, plus économes en énergie et réduisant les consommations d’engrais et de produits phytosanitaires en les limitant aux stricts besoins des cultures.

4.000 à 5.000 jeunes embauchés par an

En cela, les filières des agroéquipements apparaissent plus que jamais comme un relai de croissance verte en même temps que comme un vivier d’emplois de plus en plus qualifiés. C’est particulièrement vrai puisque des équipements permettant de mieux prendre en compte la performance environnementale nécessitent un recours croissant aux technologies de pointe (électronique, etc.).

Des carrières en France et à l’international

En raison de la performance du secteur français des agroéquipements tant en France qu’à l’export, les perspectives d’emploi pour les jeunes sont énormes sur l’ensemble de ces marchés. Nous disposons donc là, ce que trop peu de personnes savent, d’un potentiel important d’emplois qualifiés dans la sphère agricole, ouvrant sur des carrières en France mais aussi à l’international.

Les formations dans le secteur des agroéquipements

Il existe sur tout le territoire un dispositif complet de formation, initiale (scolaire ou par apprentissage) et continue, permettant d’intégrer les entreprises des agroéquipements. Grâce à ce tissu d’établissements qui dépendent du ministère de l’Agriculture, les jeunes peuvent s’orienter vers ces métiers à tous les niveaux :

Niveau V : Cap (certificat d’aptitude professionnel) agricole, Bpa (brevet professionnel agricole)

Niveau IV : baccalauréat professionnel, BP (brevet professionnel)

Niveau III : Btsa (brevet de technicien supérieur agricole)

Je me félicite qu’à la rentrée 2014, près de 3.000 élèves ou étudiants et plus de 1.200 apprentis aient décidé de préparer des diplômes de l’enseignement agricole spécifiques à ce secteur d’activité. Ils ont fait un bon choix, un choix qui leur donnera un métier : 98 % des diplômés trouvent en effet un emploi dans cette branche. 98 %, je le répète, c’est le taux d’insertion des diplômés d’un baccalauréat professionnel "agroéquipement" ou d’un Btsa "génie des équipements agricoles".

En dehors de ces diplômes et afin de mieux répondre à la diversité des emplois proposés, je tiens à rappeler qu’une école d’ingénieurs, AgroSup Dijon, a mis en place une spécialisation "science et techniques des équipements agricoles" pour permettre aux jeunes diplômés de se diriger vers les métiers des équipementiers. Pour toutes ces raisons, vous l’aurez compris, j’encourage les jeunes attirés par les nouvelles technologies, la mécanique, les questions environnementales ainsi que par les enjeux agricoles, à s’orienter vers le secteur de l’agroéquipement. Je les invite à faire preuve d’audace et à devenir les ambassadeurs d’un secteur demandeur d’emplois, innovant, porteur de croissance, ouvert sur l’international et dont les orientations sont en parfaite adéquation avec les aspirations actuelles de la société. »


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