; Carbone : concilier valorisation environnementale et économique dans l'UE

Stockage de carbone agricole Une vision partagée des États membres pour valoriser les pratiques bas-carbone

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À l’issue de deux jours de conseil informel des ministres de l’agriculture européens à Strasbourg, le ministre de l’agriculture Julien Denormandie, qui présidait la réunion, a salué l’intérêt commun et l’approche partagée par des États membres autour de la question du carbone. Il s’agit notamment de concilier réduction des émissions et création de valeur économique pour les agriculteurs.

Le conseil informel des ministres de l’agriculture européens, qui s’est tenu le 8 février sous la présidence de Julien Denormandie, a permis « plusieurs avancées » sur la question du carbone, a salué le ministre français. Au-delà d’un « intérêt unanime » autour de la démarche initiée par la présidence française, la vision apparait également partagée entre les États membres, a-t-il expliqué. Ainsi, « traiter du sujet du carbone en agriculture ne doit pas se faire, comme à l’accoutumée par nouvelle réglementation qui viendrait imposer de manière numéraire des réductions de CO2 ou d’émissions ici ou là, mais bien au contraire par une approche qui concilie création de valeur environnementale et création de valeur économique, c’est-à-dire la rémunération des tonnes de carbone captées dans le sol », a précisé Julien Denormandie, rappelant qu'après la mer, les sols constituent le puits de carbone le plus important.

Des leviers identifiés pour amplifier la dynamique

Le tour de table des ministres permis d’établir une liste de leviers à actionner en ce sens, « sans oublier le rôle premier de l’agriculture, qui est un rôle nourricier », rappelle le ministre de l’agriculture.

Pour développer la rémunération à travers les crédits carbone agricoles, un travail sera à mener sur l’élaboration des méthodologies permettant de prouver l’effort additionnel réalisé dans la captation de carbone, avec transparence, explique Julien Denormandie, notamment dans les pays qui, contrairement à la France, sont peu avancés sur ces questions. Dans l’Hexagone, six méthodologies différentes ont déjà été élaborées, et l’association France Carbone Agri a par exemple certifié plus de 700 000 t/eq/CO2. Ce travail méthodologique sera complémentaire à celui de la Commission européenne qui élabore une nouvelle réglementation sur l’agriculture bas-carbone.

Parallèlement, « un crédit carbone agricole européen reste plus cher qu’un crédit carbone sud-américain, parce que le référentiel sur lequel est basé la méthodologie est beaucoup plus contraignant, exigeant, dans le cadre des politiques agricoles européennes qu’ailleurs, notamment dans certains pays qui pratiquent la déforestation », souligne le ministre. Il faudra donc travailler pour que ces crédits carbone européens restent compétitifs, ajoute-t-il. Julien Denormandie rappelle par ailleurs l’engagement du ministère de l’agriculture français de compenser les émissions de CO2 liées à son administration centrale « entièrement par l’acquisition de crédits carbone agricoles dès 2022 », ce qui correspond à l’achat de plus de 7000 tonnes de CO2.

Il faudra désormais « ancrer le momentum politique dans les conclusions du Conseil » de mars ou d’avril, a conclu Julien Denormandie. Une proposition de réglementation européenne sur le cadre des crédits carbone et la certification carbone est également attendue d’ici fin 2022.


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