FranceAgriMer a mis à jour ses estimations relatives au marché français des principales céréales bio cultivées en France (blé tendre, orge, triticale, maïs) pour la campagne de commercialisation 2025/26. Lors d’un point presse organisé le 11 février, Maria Gras, cheffe adjointe de l’unité « grains et sucre » de l'établissement public, pointait une collecte 2025 « précoce et réalisée dans de bonnes conditions » mais un stock final qui demeure tendu : il atteindrait 138 000 t, en recul de 26 % par rapport à la moyenne quinquennale.
La collecte totale en céréales bio pour 2025/26 (surfaces certifiées en bio et en deuxième année de conversion, ou C2) est désormais évaluée à 553 000 t : c’est 22 % de plus que sur 2024/25 mais 13 % sous la moyenne quinquennale.
Les volumes issus uniquement des surfaces en C2 atteignent 13 300 t, soit une chute de 85 % sur cinq ans mais une hausse de 29 % d’une campagne à l’autre. Un signal jugé encourageant : « Selon les retours des experts de marché, la vague de déconversions des surfaces en céréales biologique est terminée et on assiste à une légère reprise des reconversions », indique Maria Gras.
Côté débouchés, les postes meunerie et fabrications d’aliments du bétail (FAB) progresseraient de respectivement 1 % et 2 % par rapport à 2024/25, « tirés par la hausse de la consommation » et, pour les FAB, « principalement par la filière volaille de chair, la filière porcine et les ruminants ».
« Point de vigilance » sur les utilisations de semences certifiées : elles reculent de 10 % sur un an et de 44 % par rapport à la moyenne quinquennale, un niveau « qui pourrait favoriser les problématiques sanitaires ».
Exportations en retrait
Les exportations de céréales bio sont de leur côté attendues à 37 500 t pour la campagne 2025/26, en retrait de 7 % par rapport à 2024/25 et de 52 % par rapport à la moyenne cinq ans.
Plus en détails, la collecte française de blé tendre bio disponible pour 2025/26 est révisée en légère hausse par rapport aux dernières estimations de FranceAgriMer, à 286 000 t, toujours inférieure de 15 % à la moyenne quinquennale. Les importations sont en parallèle abaissées à 30 000 t (+ 10 %/moyenne 5 ans).
Les utilisations en meunerie restent « stables (+ 1 % sur un an) et couvertes par la contractualisation ». Une dynamique positive « portée par la boulangerie artisanale, qui représente plus d’un tiers des utilisations de la farine bio ». À l’inverse, le segment des sachets (10 à 12 % des utilisations) recule de 20 % par rapport à 2024/25.
Les exportations, surtout de blé fourrager, sont légèrement relevées pour atteindre 9 000 t. Et le stock final s’établirait à 69 000 t, quasi inchangé par rapport à décembre et qualifié de « tendu » (- 36 % par rapport à la moyenne quinquennale).
Sur la plan quantitatif, Maria Gras souligne « une hausse des contaminations en ergot » qui mène à 9,3 % des blés tendres bio jugés non-conformes contre 6 % habituellement, et « pas d’alerte spécifique sur la carie ».
Lots brassicoles de bonne qualité
La collecte française d’orge bio est de son côté estimée à 81 000 t, soit 3 000 t de plus qu’en décembre, grâce à l’arrivée sur le marché de lots brassicoles de bonne qualité depuis deux mois. C’est 16 % au-dessus de la moyenne quinquennale.
Les utilisations en malterie sont encore abaissées, à 12 000 t (- 20 % vs 2024/25), en raison notamment de « la baisse générale de la consommation » de bière bio. Faute de débouchés, une partie de l’orge brassicole bio pourrait être déclassée en orge fourragère.
Les incorporations en FAB sont au contraire relevées à 35 000 t (+ 7 %/moyenne 5 ans), le prix compétitif de l’orge favorisant une incorporation maximale dans les formules. La demande extérieure en orge fourragère soutient aussi le marché : les exportations d’orge sont estimées à 19 000 t, en hausse de 36 % sur un an et de 58 % sur la moyenne des cinq campagnes précédentes.
FranceAgriMer estime toujours la collecte en triticale bio pour 2025/26 à 60 000 t, en progression de 27 % d’une campagne sur l’autre mais inférieure de 22 % à la moyenne quinquennale. Les FAB devraient en absorber 47 000 t et les importations, notamment d’Espagne, sont revues en hausse pour couvrir les besoins (2 000 t).
La collecte de maïs bio français est enfin légèrement relevée par rapport à la dernière estimation, à 126 000 t, mais reste en retrait de 9 % par rapport à 2024/25 et de 22 % par rapport à la moyenne quinquennale.
Les importations atteindraient 3 000 t et restent limitées par les disponibilités sur le marché européen, dans un contexte d’alerte aux mycotoxines en Europe centrale et de l’Est. « Pour couvrir les besoins de marché en maïs bio, on s'attend à une récolte 2026 précoce ou à recourir à l'import », note Maria Gras.