Pac, souveraineté alimentaire : les Régions veulent plus de marge de manœuvre

Carole Delga présidente de Régions de France le 25 février au salon de l'agriculture.
Carole Delga, présidente de Régions de France, le 25 février au salon de l'agriculture. (©Terre-net Média)

« Nous sommes prêts à jouer le jeu à condition que l’on tienne compte des travaux déjà conduits », explique Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, à l’occasion d’un point presse au salon de l’agriculture. Car si les conférences de la souveraineté alimentaire, lancées par la ministre de l’agriculture, doivent être déclinées territorialement, les Régions ont déjà élaboré des plans de filières, « adaptés à nos conditions pédoclimatiques », rappelle l’élu.

En parallèle, les Régions demandent que l’on tienne compte, dans ce cadre, « des textes de loi des autres ministères » qui viennent parfois contrecarrer les objectifs affichés par le ministère de l’agriculture : stratégie nationale bas carbone, zéro artificialisation nette…

Attachées à l’autonomie alimentaire de la France, les Régions veulent en effet continuer à produire, et demandent notamment, en matière de réduction des gaz à effet de serre, « une diminution calculée « par tonne de produit, et non pas sur un volume ». « Dans le Grand-Ouest, si on doit baisser le volume de gaz à effet de serre émis, on doit diminuer le nombre de vaches, mais si on doit réduire les émissions par litre de lait, ce n’est pas la même chose », explique Loïg Chesnais-Girard, pour qui la première solution apparaît d’autant plus contreproductive qu’elle conduirait à diminuer la production française et augmenter les importations de lait.

Pac : prolonger les délégations actuelles

Dans le cadre de la future Pac, les Régions ont également exprimé, à l’unanimité, leur disponibilité « pour conserver les sujets sur lesquels nous sommes en responsabilité », poursuit le président de la région Bretagne. En matière de paiement des aides Pac, « on demande que les Régions puissent faire le choix de déléguer ou non à l’ASP », explique Carole Delga, présidente d’Occitanie et de Régions de France. « Aujourd’hui, nous subissons les conséquences politiques du retard des paiements sans avoir les moyens d’accélérer », ajoute-t-elle.

Les Régions souhaitent que le même acteur décide et assume le paiement : « c’est une simplification, ajoute Loïg Chesnais-Girard. On le fait sur d’autres projets comme le Feader, cela fonctionne, et ça permet en cas de difficulté, de contrôle de la Commission européenne, de savoir qui est responsable ». Pour le président de la Bretagne, « on gagnerait entre un et deux mois pour les agriculteurs » en matière de délai de paiement.

Les Régions se disent également disponibles pour piloter les dispositifs dédiés à la transition. Il faut cependant, avant tout, un budget Pac réellement revu à la hausse, estiment-elles. Un budget « avec du vrai argent dédié, et pas des sommes qui proviennent du fonds de secours ou de la politique de cohésion, sinon nous savons que nous allons au-devant de difficultés en 2028, 2029, 2030 », rappelle Loïg Chesnais-Girard.

Inscription à notre newsletter

COACHING

Coaching

Avec Charlie, mon coach agri, approfondissez vos connaissances, pilotez votre exploitation et optimisez vos décisions

MATÉRIELS D'OCCASIONS

Terre-net Occasions

Plusieurs milliers d'annonces de matériels agricoles d'occasion

OFFRES D'EMPLOIS

Jobagri

Trouvez un emploi, recrutez, formez vous : retrouvez toutes les offres de la filière agricole

Réagir à cet article