Alternatives aux engrais minéraux
Toopi Organics lance « le premier biostimulant urino-sourcé du monde »

Toopi Organics lance sa première biosolution urino-sourcée. (©Toopi Organics)
Toopi Organics lance sa première biosolution urino-sourcée. (©Toopi Organics)

Issu d'un procédé de fermentation breveté, Lactopi Start permet « d'améliorer l'efficience d'assimilation du phosphore des sols. Par son effet additionnel de stimulation racinaire, il favorise également le démarrage des plantules et sécurise ainsi l'accès à l'eau et aux nutriments tout en préservant la qualité de sols », présente la start-up. « Produit en économie circulaire à partir d'urine humaine, le biostimulant peut être utilisé jusqu’à 25 l/ha, préférentiellement en début de cycle, pour les grandes cultures, ainsi qu'en maraîchage et en viticulture. L'entreprise s'intéresse aussi à d'autres développements concernant l'efficience de l'azote et les alternatives aux produits phytos, via le biocontrôle microbien. 

Au sujet du Lactopi Start, l'urine joue un rôle nutritif pour la production de biomasse microbienne d'intérêt agronomique. « Le processus de production se découpe en plusieurs étapes : nous réceptionnons l'urine et procédons à son contrôle qualité, indique Guillaume Seurat, directeur technique. Elle est ensuite préfiltrée afin d'augmenter sa durée de stockage. Sélectionnée pour son intérêt en biostimulation des plantes, une souche spécifique de Lactobacillus paracasei est alors multipliée dans le milieu urino-sourcé à l'intérieur de biofermentateurs propriétaires. Cette étape de transformation dure environ 72 h. Enfin le produit est conditionné pour être commercialisé dans les réseaux classiques de distribution agricole ».

À noter : « 1 litre d'urine est transformé en 1 litre de biostimulant, il n'y aucun déchet généré ».

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« Avec la reconnaissance des agences sanitaires européennes pour la commercialisation de cette première solution biosourcée, Toopi Organics passe du stade de société de R&D à celui d'entreprise avec de fortes perspectives commerciales, indiquent Michael Roes, fondateur de Toopi Organics, et Alexandra Carpentier, directrice générale. L'ensemble de notre production annuelle, soit 250 000 l, est déjà vendu en France et en Belgique ».

Le défi est double : « collecter et utiliser un déchet pour en faire un produit agricole homologué, satisfaisant aux exigences réglementaires les plus strictes, tout en économisant, en amont, l'eau potable des chasses ». L'entreprise a notamment signé des partenariats avec des établissements et des lieux accueillant du public (entreprises, écoles, collèges, lycées, stations-services, installations touristiques...) : elle « remplace les sanitaires classiques en urinoirs sans eau masculins et féminins reliées à des cuves de collecte, sans utilisation d'eau supplémentaire pour l'évacuation. Toopi Organics collecte, par exemple, l'urine sur le Parc du Futuroscope, sur des aires d'autoroutes... mais aussi sur des festivals comme Rock en Seine, Solidays, etc. ». 

La collecte de 2 millions de litres d'urine est déjà contractualisée, « couvrant ainsi la production pour les 3 prochaines années. À 5 ans, l'entreprise table sur une collecte annuelle de 3,75 millions de litres et autant de volumes de produits vendus. À cette date, elle prévoit une activité de transformation répartie sur 7 sites en France et en Belgique, tandis que l'objectif de développement est de 20 sites à terme en France. Depuis sa création en 2019, Toopi Organics a levé 8,8 millions d’euros, dont 4,5 millions en subventions ou avances remboursables. Afin de soutenir son plan de développement, l'entreprise travaille à la clôture d’un tour d’investissement de Série A ».

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