Webinaire
Comment diversifier les sources d’azote sur mon exploitation ?

S’il n’est pas question de faire sans les engrais de synthèse, des solutions existent pour optimiser l’efficacité des apports d’azote aux cultures. (©Adobe stock)
S’il n’est pas question de faire sans les engrais de synthèse, des solutions existent pour optimiser l’efficacité des apports d’azote aux cultures. (©Adobe stock)

Cette table ronde réunissait Philippe Bach, agriculteur en polyculture-élevage près de Nancy, Pascaline Pierson, responsable de site – ingénieur régional Arvalis, Sophie Slezack, professeur de laboratoire agronomie & environnement à l’Ensaïa de Nancy, et Clément Pottiez, responsable technique national traitements de semences et biostimulants chez Corteva Agriscience.

Selon l’un des experts marchés chez Terre-Net, trois scénarii peuvent se dessiner dans les prochains mois. Le marché se détend rapidement, avec un retour vers des prix à des niveaux inférieurs à ceux de 2021. Ou bien, les tarifs actuels se maintiennent, avec une baisse des stocks européens faute de nouvelles ressources. Et dernière hypothèse, une nouvelle envolée a lieu, atteignant des sommets historiques, avec une offre qui s’amenuise et un risque de pénurie.

Utiliser des outils d'aide à la décision pour ajuster les doses

Face à cette incertitude, il est incontournable de recourir à des leviers permettant de gérer au mieux la fertilisation azotée : introduction des légumineuses dans la rotation, fractionnement des apports, épandage de produits organiques, utilisation d’outils d’aide à la décision…C’est dans ce cadre qu’Arvalis a développé un outil de calcul de l’optimum technico-économique en fonction du prix du blé engagé récolte et du prix d’achat de l’azote minéral. « La recherche des deux optimum - technique et économique – a été réalisée sur près de 600 essais », précise Pascaline Pierson. Un travail qui a abouti à l’élaboration d’un tableau à double entrée, « qui permet de déterminer, en fonction du prix du blé et du coût de l’azote, d’un point de vue économique, s’il est justifié ou pas de moduler sa dose d’azote et si oui, de combien. ».

Les bactéries fixatrices d'azote, une voie intéressante

Le pilotage de la fertilisation azotée dès le semis a été évoqué ainsi que les alternatives aux engrais minéraux : produits résiduaires organiques tels que les digestats, le lisier, les fumiers, les composts… Mais également les biostimulants, avec les bactéries fixatrices d’azote. « Il existe deux grands groupes de bactéries qui vont fixer l’azote », indique Sophie Slezack. « Le premier groupe, ce sont les bactéries qui vivent en symbiose avec la famille des légumineuses (…). Ces symbioses sont très efficientes (…) mais avec un spectre d’hôte restreint. »

Pour le deuxième groupe, il s’agit de fixateurs libres que l’on va retrouver dans le sol, dans les parties aériennes ou encore dans les tissus internes de la plante, comme le genre Methylobacterium. « Ces bactéries ont l’avantage d’avoir un spectre d’hôtes beaucoup plus large », de nombreuses cultures annuelles ou pérennes étant concernées, « et peuvent contribuer à améliorer la nutrition azotée de la plante ». Ce sont donc des pistes intéressantes dans le contexte actuel.

Les experts autour de la table ont reconnu la supériorité des bactéries endophytes par rapport aux bactéries du sol  pour la fertilisation des cultures.
Les experts autour de la table ont reconnu la supériorité des bactéries endophytes par rapport aux bactéries du sol pour la fertilisation des cultures. (©Terre-net Factory)

Des solutions homologuées disponibles pour les agriculteurs

Avec le développement de ces connaissances, de nouveaux biostimulants sont proposés sur le marché, comme la toute récente solution microbienne Utrisha®N ayant intégré la gamme de Corteva Agriscience. Cette solution se compose de la bactérie Methylobacterium symbioticum de souche SB23, mettant à disposition l’azote de l’air pour la plante. Avec un potentiel de fixation de l’azote estimé à 30 unités, elle bénéficie d’une homologation sur grandes cultures, vignes, légumes et arboriculture. Clément Pottiez a expliqué le fonctionnement de ce nouveau biostimulant, avec les conditions d’application requises pour optimiser l’efficacité.  Les raisons d’opter pour ce produit sont multiples, mais selon lui, « la première, c'est en déplafonnement de rendement », étant donné qu’il apporte de l’azote supplémentaire  sans être comptabilisé dans le plan prévisionnel de fumure. Ensuite « c'est une solution pour limiter une moindre valorisation de l'azote au printemps », en raison des conditions souvent défavorables. « Et pour terminer, Utrisha® N peut être appliqué en agriculture biologique où on sait que la fourniture d'azote sur ce type de production peut-être souvent limitée. »

Philippe Bachman a pu apporter son retour d’expérience sur l’utilisation d’Utrisha®N, avec lequel il précise avoir « fait 4 q/ha en plus en 2022 par rapport 2021, sachant que le cycle du blé en 2022 a été raccourci par des conditions climatiques qui n’étaient pas très favorables. »

La table ronde s’est terminée par une session de « questions / réponses » avec les internautes.

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Pour visionner l’intégralité du webinaire, vous pouvez consultez ICI le replay 

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