Marché des grains en 2019 Avec la croissance ralentie et l’instabilité politique, les opérateurs prudents

Terre-net Média

À l’occasion du Paris Grain Day fin janvier 2019, des experts en macroéconomie ont analysé le potentiel impact des marchés financiers et de ceux des matières premières non agricoles sur le marché des grains. Selon eux, le ralentissement de la croissance mondiale et l’instabilité géopolitique qui perdure dans de nombreuses régions aspirent à la prudence quant à l’évolution du prix du blé et autres grains en 2019.

Selon les analystes réunis au Paris Grain Day, l'euro pourrait rester dans un tunnel compris entre 1,15 et 1,20 dollar dans les prochains mois.Selon les analystes réunis au Paris Grain Day, l'euro pourrait rester dans un tunnel compris entre 1,15 et 1,20 dollar dans les prochains mois. (©Terre-net Média) 

Les perspectives macroéconomiques pour les mois à venir constituaient un chapitre d’analyse lors du Paris Grain Day, journée d’échange entre experts internationaux organisée par Agritel fin janvier. Les incertitudes géopolitiques et le ralentissement, bien que modéré, de l’économie mondiale laissent globalement les opérateurs dans une situation prudente quant à l’évolution des prix des matières premières agricoles en 2019.

Dans ce contexte macroéconomique, de nombreux éléments sont à prendre en compte. « Aux États-Unis, l’économie ralentit mais le risque d’une récession semble écarté grâce à une banque centrale des États-Unis (Fed) qui devrait rester conciliante », a commenté Isabelle Job-Bazille, directrice des études économiques du groupe Crédit agricole SA.

« Souffrant de la guerre commerciale avec les États-Unis, la Chine connaît un nouveau test de son économie, aussi douloureux qu’en 2015. L’atterrissage devrait se faire en douceur grâce à des réductions d’impôts et un relâchement du crédit. En Europe également, le ralentissement économique semble se faire en douceur. La politique monétaire de l’UE se normalise mais pas de hausse de taux attendue avant fin 2019 voire 2020. »

 (©Agritel)

Selon elle, la croissance de l’économie mondiale ralentit mais ne devrait pas connaitre de rupture en 2019.

Dans ce contexte, les économistes estiment que « la normalisation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne est de nature à soutenir l’Euro. Même si ce soutien devrait rester modeste car la hausse des taux n’est pas attendue avant la fin d’année 2019 voire même en 2020. » Ceci dit, « le discours plus conciliant de la Fed pèse sur le dollar. Cette baisse du dollar devrait malgré tout rester modérée car la croissance US devrait rester positive. »

Outre les marchés financiers, l’instabilité politique « restera une tendance forte à travers le monde car les perdants de la mondialisation se tournent vers les extrêmes », souligne l’économiste Philippe Chalmain. Les coalitions politiques sont donc plus compliquées à obtenir pour gouverner. Le besoin de protection et la défiance envers les élites s’observe par le retour des hommes forts (Poutine, Trump etc..). La politique influence ainsi de plus en plus les relations commerciales. »

« Pour 2019, le prix du pétrole est attendu en hausse modérée autour des 60 $ le baril. D’une part, la hausse de la production de pétrole aux États-Unis devrait continuer notamment à la faveur du gaz de schiste, d’autre part les membres de l’Opep et la Russie devraient faire le nécessaire pour réduire leur production. Cela car le break-even (seuil de rentabilité, NDLR) des pays de l’Opep est autour des 70-80 $ le baril désormais. »

Pour surveiller les évolutions des cours des matières premières agricoles, connectez-vous sur Les marchés agricoles de Terre-net.fr


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous