Marché du blé Les prix pourront-ils se maintenir autour des 210 €/t ?

Terre-net Média

Alors que le cours du blé a franchi le seuil des 210 € autour du 19 octobre, il se maintient péniblement autour de cette barre. Y-a-t-il des éléments tangibles permettant d’espérer une confirmation de ce niveau de prix ?

Le cours du blé pourra-t-il se maintenir autour du seuil de 210 €/t, atteint mi-octobre ? Le cours du blé pourra-t-il se maintenir autour du seuil de 210 €/t, atteint mi-octobre ? (©Pixabay)

Soutenus par la demande mondiale et les incertitudes climatiques, les cours du blé reviennent autour des 210 €/t, un seuil déjà franchi le 19 octobre. Quels éléments pourraient menacer ou confirmer ce niveau de prix ?

Au niveau des fondamentaux, la récolte de blé est relativement faible cette année en Europe, et « si les volumes extrêmement abondants que l’on va avoir sur l’Australie vont peut-être calmer le jeu, il reste des interrogations quant aux effets de La Niña sur les productions sud-américaines, et les choses laissent à penser que les disponibilités ne sont pas si importantes en blé », explique Gautier Le Molgat, directeur général adjoint d'Agritel.

D’autre part, la récolte mondiale de maïs, que l’on attendait très abondante, sera finalement moins importante que prévue en Ukraine et aux États-Unis, ce qui redonne plus de souffle au blé que l’on aurait pu le croire. « Les perspectives d’importations sur les marchés européens vont être différentes, et le blé trouve encore de l’intérêt dans l’alimentation animale », souligne Gautier Le Molgat.

Par ailleurs, le fait que beaucoup de pays importateurs cherchent en ce moment à sécuriser leurs approvisionnements a engendré à l’automne une vague d’achats importante, précédée durant l'été par des opérations d’achat de la Chine qui a confirmé son attrait pour certaines origines, notamment l’origine France. Si l’activité d’export française est nettement plus faible que celle de l’année dernière, « elle reste honorable, d’autant plus que nous avons actuellement un prix inférieur au prix russe, au prix ukrainien, ou au prix américain, ce qui est exceptionnel », ajoute Gautier Le Molgat.   

Eléments baissiers liés à la crise sanitaire et au contexte économique

Néanmoins, plusieurs éléments pourraient pousser à une baisse des cours. « Les fonds d’investissements sont partis très, très activement aux achats sur les marchés américains, portant une certaine tension sur les prix. La question, à présent, est de savoir à quel moment ils vont décider de prendre un peu de profit », prévient Gautier Le Molgat.

Parallèlement, le contexte économique mondial, mis à mal par la crise sanitaire, risque également de jouer sur les cours et sur la capacité d’achat de certains pays importateurs pétro-dépendants, alors que les prix du pétrole peinent à remonter. Et l’on ne sait pas non plus si la demande sera aussi forte en deuxième partie de campagne.

Et l'on constate aussi que, malgré un stress initial quant à la mise en place des cultures d’hiver, les semis ont finalement été réalisés : « on ne part pas avec de petites surfaces de production, ce qui peut calmer le jeu », prévient Gautier Le Molgat. La récolte 2021 est moins chère que la récolte 2020, ce qui est déjà intégré dans les prix, ajoute-t-il. Enfin, dernier facteur potentiel de ralentissement de notre compétitivité à l’export, l’évolution de la parité des monnaies, liée, entre autres, à la gestion de la crise sanitaire et au plan de relance.

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