; Perspectives de marché haussières en 2022 pour les grains

Marchés des céréales et oléagineux Des perspectives « haussières » pour les prix du blé et du colza en 2022

Terre-net Média

À l’issue du Paris Grain Day 2022, le rassemblement annuel d’experts des marchés organisé le 28 janvier dernier par Agritel, les spécialistes estiment que les perspectives du marché des matières premières agricoles – céréales et oléagineux en tête – sont « neutres à haussières » pour l’année 2022. Reprise économique plus forte dans certains pays, insuffisance de l’offre de pétrole, domination croissante de la Russie, par ailleurs au cœur des tensions avec l’Ukraine : de nombreux facteurs vont contribuer à agiter encore à la hausse les marchés des grains ces prochains mois.

Selon une centaine de spécialistes réunis à la dernière édition du Paris Grain Day, les perspectives 2022 restent haussières pour les prix des matières premières agricoles.Selon une centaine de spécialistes réunis à la dernière édition du Paris Grain Day, les perspectives 2022 restent haussières pour les prix des matières premières agricoles. (©Pixabay) 

« Le Paris Grain Day Consensus affiche une tendance neutre à haussière pour l’année civile 2022 avec une note de 3,87 sur 5 (5 étant très haussier) » a annoncé Michel Portier, directeur d’Agritel et du Paris Grain Day, que la société spécialiste des marchés a organisé vendredi 28 janvier.

Cet indicateur, qui reflète l’avis des 150 experts des marchés réunis fin janvier sur les perspectives des marchés des grains, est supérieur à celui de 2021 qui, s’élevant à 3,63, était déjà assez haussier.

Après la crise du Covid, une reprise « plus importante » que prévue

« Selon les experts présents, l’agitation des marchés qui s’est accélérée depuis 2 ans avec la crise du Covid est partie pour durer », souligne Agritel. « La vigueur de la reprise dans les économies avancées est bien plus importante que présagée il y a un an. Un décalage est ainsi apparu entre une reprise forte et brusque de la demande et une production sous-dimensionnée pour faire face à ce surplus de consommation. »

La conséquence est déjà bien connue – et vécue – par les agriculteurs : une inflation galopante a démarré sur les énergies et les matières premières et se déplace désormais vers les prix à la consommation. « L’insuffisance de l’offre de pétrole face à la hausse de la demande illustre bien le contexte actuel. »

La géopolitique plus que jamais déstabilisatrice !

Les tensions sont encore bien plus fortes pour le gaz où s’entremêlent des considérations climatiques sur l’année 2021 et une dimension géopolitique avec, au centre de l’échiquier, la Russie et la Chine.

La Russie, rappelons-le, fournit autour de 40 % du gaz naturel consommé en Europe. Le pays tenu par Vladimir Poutine est le deuxième fournisseur de gaz de la France.

« Le rapprochement de ces deux grandes puissances bouleverse autant l’approche des relations internationales que le marché des matières premières », analyse Agritel.  « Sur les grains, les achats massifs de la Chine démarrés à l’été 2020 continuent et siphonnent les stocks des grands exportateurs qui malgré des productions record n’arrivent pas à se reconstituer. Dans le même temps, les restrictions russes à l’export soutiennent les prix des céréales sur le marché mondial et a contrario handicapent les producteurs russes. Or c’est la Russie, désormais 1er exportateur de blé, qui depuis 20 ans tient le rôle de locomotive dans la croissance des échanges mondiaux de blé. Tout plafonnement de l’offre russe menace le marché mondial alors que la consommation de blé devrait encore progresser de 80 Mt d’ici 2030. »

Les très fortes tensions entre la Russie et les pays occidentaux – Europe et Etats-Unis – concernant l’Ukraine n’arrangent rien à cette déstabilisation des marchés et aux effets possibles d’un conflit.

Le cours des engrais menace l’offre mondiale de céréales

Ça n’a pas non plus échappé aux producteurs : la flambée des cours des engrais, résultant de celle du gaz, devrait être entretenue en 2022 par des problèmes de logistique et – encore elle – la géopolitique.

Les experts présents ont voulu pourtant « tempérer leurs discours tant sur l’inflation, l’énergie, les engrais ou les grains avec la perspective d’un rééquilibrage des marchés d’ici la fin 2022 ». Mais les incertitudes sont telles et à tout niveau que les tensions peuvent très vite repartir. C’est donc de nouveau dans un contexte de volatilité exacerbée que les marchés vont évoluer en 2022.

Dans son analyse sur ces perspectives haussières pour les prix des productions végétales, Agritel s’interroge par ailleurs sur « la position atypique de l’Europe avec son Green Deal » dans un contexte où les grandes puissances mondiales font de la quête de souveraineté – et d’égémonie – alimentaire une priorité. « L’alimentation est un enjeu qui attire les investisseurs et qui est au cœur des évènements géopolitiques » actuels.

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