; Zoom sur la production et les exportations ukrainiennes

Prévisions d'UkrAgroConsult L’Ukraine devrait produire environ 40 % de céréales de moins qu’en 2021

Terre-net Média

L’Ukraine devrait récolter 50 à 55 Mt de céréales cette année contre 86 Mt en 2021. En oléagineux, le chiffre chute de 23 à 16 Mt, selon le cabinet UkrAgroConsult. Côté exports, le potentiel sera important en raison des stocks, mais ne pourra se réaliser que de façon limitée si les ports ukrainiens de la Mer noire restent bloqués.

Champs, drapeau, UkraineSelon UkrAgroConsult, l'Ukraine produirait cette année 20 Mt de blé, 5,9 Mt d'orge, 25,7 Mt de maïs et 10,6 Mt de tournesol (©AdobeStock) Alors que la moisson a commencé en Ukraine, le cabinet UkrAgroConsult a livré fin juin ses prévisions de production pour 2022, à l’occasion d’un webinaire. Une production forcément entachée par les conséquences de la guerre qui fait rage depuis fin février.

De fait, 20 % du pays est occupé par la Russie. Les combats se concentraient fin juin au sud et à l’est, menaçant les principales zones productrices de blé, d’orge, de tournesol et de colza, localisées au sud.

Risques liés à la guerre pour les principales culturesUkrAgroConsult a évalué le risque du travail des champs en Ukraine pour les principales cultures, en juin. (©UkrAgroConsult)

Selon le ministère ukrainien de l’agriculture, la baisse des surfaces implantées en cultures de printemps serait de l’ordre de 21 %, dont 16 % pour le maïs, 29 % pour le tournesol et l’orge de printemps. « C’est une baisse assez limitée : on craignait une chute de 25 à 30 % des implantations par rapport à l’an dernier, explique l’analyste Maryna Marynych. Les agriculteurs ont bien travaillé, malgré les risques ».

Pour UkrAgroConsult, le pays produirait donc 20 Mt de blé cette année, contre 32,15 Mt en 2021 et des volumes largement au-dessus des 20 Mt depuis la campagne 2013/14. La production d’orge est attendue « historiquement basse » : 5,9 Mt contre 9,4 Mt l’an dernier.

Les prévisions sont « plus incertaines » pour le maïs, explique la spécialiste, mais pourraient chuter et passer de 42,2 Mt en 2021, année record, à 25,7 Mt.

Du côté des oléagineux, la production de tournesol atteindrait son minimum depuis 2012 : 10,6 Mt, contre 16,5 Mt en 2021.

Celle de soja ne devrait pas chuter sérieusement (2,9 Mt contre 3,5 Mt), car située dans une zone à risque militaire plutôt faible, idem pour celle de colza (3 Mt contre 2,9 Mt) car « les conditions de semi s cet hiver étaient bonnes » et les surfaces plantées, bien que dans des zones à risque, sont en hausse.

Des perspectives à l'export contrariées

De leur côté, les perspectives à l’export s’annoncent peu engageantes malgré un potentiel énorme, pour ce pays qui approvisionnait le marché mondial à hauteur de 8 % en blé, 13 % en maïs et 47 % en huile de tournesol sur la campagne 2020/21.

Le blocage de la quasi-totalité des ports ukrainiens a fait chuter les exports en seconde partie de campagne 2021/22, et drastiquement augmenter les stocks. Fin février, l’Ukraine avait exporté presque toute son orge exportable mais seulement 40 % de son huile de tournesol, la moitié de son maïs et les deux tiers de son blé.

Depuis, elle a mis en place des voies alternatives pour exporter ses produits agricoles. « La capacité maximale d’ export par le rail est d’environ 1 Mt de grains par mois, elle est d’1 Mt via les petits ports du Danube et de 300 000 tonnes par camion », estime Maksym Kharchenko, analyste chez UkrAgroConsult et spécialiste des questions logistiques.

On en est encore loin, notamment en raison de capacités de stockage limitées dans les terminaux portuaires, de l’ arrivée prochaine de grain roumain dans le port danubien de Constanta, ou encore de la différence de largeur de rail entre les chemins de fer ukrainiens et ceux des pays voisins, qui nécessite des transbordements et crée des goulots d’étranglement.

Les exportations par le rail et la route ont ralenti en juin, souligne l’AFP, et « plus de 10 000 wagons de grain sont coincés le long de la frontière ukrainienne au 28 juin », chiffre Maksym Kharchenko, qui souligne que des nouveaux centres de transbordement sont en cours de construction.

Vers seulement 10 Mt de blé et 10 Mt de maïs exportés en 2022/23 ?

Si la situation en mer Noire ne se débloque pas, le cabinet juge que le pays ne pourra exporter en 2022/23 que 10 Mt de blé sur un potentiel de 16 Mt, contre 18,7 Mt exportés en 2021/22.

En maïs, les stocks élevés de la fin de campagne 2021/22 vont mener à « un record de potentiel exportable sur 2022/23 », souligne Maryna Marynych : 31,5 Mt, dont deux tiers risquent de ne pas pouvoir être expédiés.

De même, 6,3 Mt d’huile de tournesol devraient être disponibles à l’export, contre 3,8 Mt exportés en 2021/22, mais seulement 1 Mt pourrait quitter le territoire si l’activité des ports ukrainiens ne reprend pas.

Seuls les exports de colza devraient être stables d’une année sur l’autre, à environ 2,7 Mt. « On a espoir de tout exporter, car la demande européenne est présente et les prix avantageux par rapports  d’autres graines ».

Dès lors, les pays d’ordinaires clients de l’Ukraine vont se rabattre sur ses concurrents. L’ Union européenne a d’ailleurs accéléré ses exports en blé depuis le début de la guerre, et la Russie a continué d’exporter en direction de la Turquie, de l’Iran et de l’Égypte. En maïs, la Chine a commencé à importer des volumes aux USA plus tôt que d’habitude, et a accepté l’origine brésilienne.

Production, exports, logistique, etc. : retrouvez (en anglais) le webinaire organisé le 30 juin par UkrAgroConsult en cliquant sur la vidéo

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