Perspectives de marchés 2021-2022 « Le marché risque de swinguer ! »

Terre-net Média

Quelles perspectives sur les marchés céréaliers en ce début de moisson ? Si la bonne récolte risque de faire fléchir les prix des céréales, c’est la volatilité des cours qui pourrait bien rythmer la campagne 2021-2022.

Montagnes russesLa campagne 2021-2022 s'annonce marquée par une forte volatilité des marchés céréaliers. (©Pixabay)

Gautier Le Molgat, directeur général adjoint du cabinet Agritel, alerte sur la grande volatilité des cours à venir : «  Le marché risque de swinguer ! ». Des mouvements de prix liés aux incertitudes qui planent au-delà de nos frontières et surtout sur le bilan des États-Unis en maïs.

Benoît Fayaud, Grain market analyst chez Tallage, ajoute : « les fonds assez présents actuellement sur les marchés à termes accentuent les effets de baisse et de hausse, comme la semaine dernière ». Il insiste aussi sur l’importance du weather market sur la volatilité : « si les conditions de récolte se détériorent aux États-Unis, les fonds pourraient revenir aux achats et accentuer fortement la hausse du maïs ».

Face à cette forte volatilité qui s’annonce, Gautier Le Molgat note : « Cette année, il faudra intégrer la gestion des risques de prix. Plus que d’habitude, l’agriculteur français devra réfléchir à "quand est-ce que je me sécurise, quand est-ce que je décide de fixer le prix de ma marchandise ?" ».

Il augure d’un marché qui pourra « offrir de belles opportunités, mais il faudra être bon gestionnaire, ne pas être trop gourmand, comprendre que le marché est capable de beaucoup bouger et être prêt à se décider vite. » Être réactif, en somme !

Du côté de Tallage, on s’attend par ailleurs à de bonnes récoltes tout en restant prudent – « c’est encore loin, tout est possible ! » - : nette remontée en blé tendre et orge, donc remontée du blé dans les rations animales, bilan en maïs tout juste équilibré grâce à une bonne récolte et une compétitivité importante par rapport à l’Ukraine. En conséquence, Arnaud Fayaud prévoit « un fléchissement des prix des céréales sur la campagne 2021-2022 par rapport à celle de 2020-2021, à un niveau qui restera élevé. Car il faudra plus d’une campagne pour résorber le déficit de 2020-2021, surtout en maïs. »

Après une mauvaise récolte l’an dernier en blé comme en maïs et un report important de la consommation animale du premier vers le second, la campagne 2020-2021 s’achève en France sur des prix élevés et des stocks globalement réduits, ce qui joue sur le marché des matières premières. En bref, une période « tendue en France et plus largement en Europe » pour Benoît Fayaud et le risque « d’être un peu stressés si un pépin climatique arrive pour la récolte à venir », selon Gautier Le Molgat.

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