Prix du blé, maïs, colza Tendance « baissière » selon les acteurs des marchés des céréales et oléagineux

Terre-net Média

Pour la deuxième fois, Agritel a réuni à Paris, vendredi 26 janvier 2018, environ 250 spécialistes des marchés des céréales et oléagineux. En notant leur appréciation sur les différents fondamentaux de marché à suivre, ces derniers estiment que la tendance sera baissière sur les marchés des céréales et des oléagineux en 2018.

Pour 2018, les perspectives de marchés pour les céréales et oléagineux s'annoncent davantage baissières qu'en 2017, selon le participants au Paris Grain Day organisé par Agritel.Pour 2018, les perspectives de marché pour les céréales et oléagineux s'annoncent davantage baissières qu'en 2017, selon les participants au Paris Grain Day organisé par Agritel. (©Terre-net Média)

Les acteurs sur les marchés céréaliers et oléagineux ne semblent pas très optimistes quant aux perspectives de prix des céréales pour 2018. La société Agritel a réuni, vendredi 26 janvier 2018, 250 spécialistes représentant des coopératives, des négoces, des sociétés de trading, des banques et entreprises françaises européennes et internationales pour la deuxième édition de son « Paris Grain Day ».

Leur « Paris Grain Day Consensus », une note globale reflétant leur appréciation des perspectives de marché pour 2018, est « baissier ». A 2,83, sur une échelle allant de 1 (très baissier), à 5 (très haussier), la note traduit un sentiment légèrement baissier des opérateurs concernant la conjoncture des matières premières agricoles, et donc sur les prix.

Cette note pour 2018 est moins élevée que celle donnée lors de la première édition du rendez-vous. En janvier 2017, les opérateurs participants avaient noté 3,79 – donc « haussière » - les perspectives de marché.

Pour établir cette note globale, tous les « drivers » - les éléments fondamentaux du marché – ont été passés en revue.

Selon les participants, les enjeux macroéconomiques et géopolitiques ne devraient pas influencer le marché, pas plus qu’en 2017. L’impact des investisseurs financiers sur les marchés a été revu légèrement à la baisse (3,25 en 2018 contre 3,57 en 2017).

De même, l’impact de la météo – le fameux « Weather market » - ne devrait avoir, ni davantage, ni moins d’influence dans les prochains mois (2,97 en 2018 comme en 2017). Certes, le phénomène météorologique La Nina, qui engendre un temps particulièrement sec aux Etats-Unis et en Argentine, et davantage de précipitations au Brésil, en Indonésie et en Malaisie, s’accentue. Mais il reste difficile d’évaluer son impact direct sur les prévisions de récoltes des pays concernés.

Vers de prochains records de récolte en Russie

Si ces trois principaux « drivers » évoluent finalement très peu aux yeux des spécialistes participants, ces derniers sont finalement plus pessimistes sur l’impact des fondamentaux propres aux marchés des céréales et des oléagineux, à savoir les niveaux de production pour 2018 et l’évolution des stocks mondiaux.

Ainsi, pour les céréales, l’impact des fondamentaux, noté 2,57 en 2018 contre 2,98 en 2017, sera ainsi baissier. En cause notamment : l’évolution de la production russe. Andrey Sizov, consultant au sein de Sovecon, société russe spécialisée dans les marchés agricoles, estime notamment que le record de production en 2017, estimé désormais à 86 Mt, se reproduira dans les prochaines années, à la faveur d’un climat de plus en plus favorable à la culture de blés d’hiver, plus productifs que les blés de printemps.

L’influence de ces fondamentaux pour les oléagineux sera également baissière, avec une évolution plus marquée que pour les céréales. Les participants ont ainsi donné une note de 2,62 cette année contre 3,79 en 2017. Dans les prochaines années, l'huile de soja d'Amérique du Sud et l'huile de palme indonésienne seront des origines de plus en plus concurrentielles sur le marché des huiles, et donc sur celui du colza.

Selon Christophe Beaunoir, directeur commercial et responsable trading du groupe Avril, le biodiesel issu de ces huiles arrivera en volumes plus importants en Europe et en France, à un prix identique à celui du pétrole brut. Des importations croissantes qui impacteront la production de colza en France.

Ce regard baissier des participants au  « Paris Grain Day » sur les marchés des matières premières agricoles tranche quelque peu avec l'analyse d'Offre et demande agricole. Mi-janvier, la société de conseil se disait au contraire plutôt optimiste sur l'évolution des prix. Malgré une parité euro-dollar défavorable pour les producteurs français, les prix pourraient, selon ODA, évoluer à la hausse grâce à la reprise de la croissance mondiale.

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